Hé toubib, j'te kiffe !

Tout d'abord, je tiens à préciser que j'ai beaucoup d'admiration et de respect pour les médecins, infirmières, pédiatres, chirurgiens... Il faut bien le dire, sans eux, mon fils ne serait pas là aujourd'hui. Je leur dois beaucoup et j'admire la passion qu'il faut pour exercer ce métier altruiste et parfois miraculeux.

Ceci étant dit, il est nécessaire aussi de rappeler qu'avant d'avoir fait médecine + 12, ils sont nés humains. Et c'est bien là le problème.

J'ai affaire à beaucoup de toubibs (c'est un surnom affectueux). Les équipes de l'hôpital (chirurgien et néonatologue), la pédiatre de ville (qui, lorsqu'elle est en vacances, est remplacée par un autre médecin...). Ils s'accordent sur les grands principes mais de nombreux petits sujets les divisent. Commençons par la fièvre.

Pour les uns, elle se situe à 38,5 ("avant, ce n'en est pas vraiment"), d'autres à 38 ("ce n'est pas normal"). Bon... Moi en tant qu'experte de mon enfant je dirai que ça commence quand il me serre très fort et qu'il s'endort toutes les 10 minutes, en geignant et en ne supportant que mes bras, sans autre mouvement.

A quel moment la traiter, cette fièvre ? Alors pour les premiers, pas avant 38,5 bien sonnés, "et encore..." parce que c'est sain d'avoir de la fièvre pour lutter contre les vilains microbes donc on pourrait presque laisser l'enfant se débrouiller sans assistance Dolipranesque. Pour les autres, à 38, parce qu'après, "c'est trop chiant à faire baisser, et qu'on ne laisse pas un bébé dans cet état". Là niveau avis, moi je sèche. Soigne / soigne pas - Supos /Sirops ??? Pas d'avis. J'allume un cierge et je prie (mais je sais pas faire ça, donc je tente des trucs...).

Ensuite : Paracétamol OU Ibuprofène OU les 2 ? Là aussi, il y'a mésentente pédiatrique. Le Doliprane, c'est "quasiment toxique", il ne faut vraiment s'en servir qu'en cas d'EXTREME URGENCE. Pour d'autre, il peut s'enfiler la bouteille complète, ça ne lui fera pas de mal (je caricature, mais pas tant que ça). Ibuprofène ? Pour l'un, bingo, on y va, pour l'autre NON ! Si on enlève la fièvre et l'inflammation, nécessaires à la lutte contre le vilain microbe, il ne se défend plus et ça déglingue les reins. Alors les 2 en même temps (en intervalle)... "ses reins vont s'autodétruire" OU "allez-y franco !".

L'homéopathie : certains pensent que c'est un petit coup de pouce qui ne se néglige pas. Pour les autres : "mouais, vous allez vous prendre la tête pour pas grand chose". Ok merci, je me démerde alors !

Le souci de la fièvre qui ne baisserait pas, et je ne vais rien vous apprendre, ce sont les convulsions éventuelles. Pour l'un " impossible avant 18 mois", pour le second "possible et dangereux" et enfin pour le troisième : "c'est en plongeant un bébé fièvreux dans un bain trop frais qu'elles débarquent".

Enfin, mais c'est lié au cas particulier de mon Joufflu, les ANTIBIOTIQUES (un gros mot je sais, mais parfois, ça peut aider !). Parce qu'avec son estomac charcuté et ses rates chelous, on a eu droit à tout !! "Ahh non, pas sur son estomac" / "Pfff, on s'en fout, c'est cicatrisé" / "Bon on augmente l'Inexium (mais si, je vous ai expliqué ce que c'était ici) et on le tente".

La pédiatre de ville est une jeune femme sans enfant. Je n'ai rien contre les jeunes femmes sans enfant, je dis juste que, à mon humble avis, si elle avait des enfants, elle ne se permettrait pas de me dire "Ahhh... Je sais pas trop quoi faire... J'hésite... C'est pas vraiment déclaré ce microbe... Mais c'est vrai que ses tympans ne sont pas bien nets... Arf... Vraiment je ne sais pas. On va laisser comme ça, vous me tenez au courant". Merci, si je n'ai besoin de rien je vous appelle !!! Elle voit des bébés en ville, fait du suivi de croissance et les épidémies classiques. Je l'aime bien, elle est hyper douce mais niveau prise de décision, elle est pas bien sûre d'elle.

Le néonatologue de l'hôpital est un homme de 35 ans, fils de chef de service en pédiatrie, qui sauve des bébés bien souvent prématurés. Je l'ai vu piquer au pif dans le corps d'un bébé de 700g (et encore...) sans sourciller. Il fait de la réa et se sent plus concerné par le vital que par l'accessoire du quotidien. Quand il nous voit ponctuellement pour le suivi post-opératoire et post-hospitalisation de Joufflu, il rigole à mes questions bizarres (à propos de petits-suisses ou de ce que je peux donner à goûter à mon bébé : TOUT). C'est un mec sympa, qui ne se prend pas la tête et relativise bien.

La généraliste que nous avons vu hier parce que la pédiatre numéro 1 n'était pas disponible est une femme d'une petite cinquantaine d'années, mère de grands-enfants.

Oui parce que vous n'êtes pas bêtes, je ne vous raconte pas tout ça juste pour dire du mal d'une profession que je me garderai bien de condamner tant ils ont été importants. Mais après 4 semaines de symptômes ininterrompus (Rhino / Fièvre / Tympans pas nets...), le Joufflu nous a fait une nuit cataclysmique entre dimanche et lundi avec gros pic de fièvre, toux d'australopithèque et hurlements. Hier donc, nous voici chez notre généraliste à nous, ses parents, pour qu'elle ausculte notre doudou tout rouge de chaud. Elle regarde l'oreille gauche et immédiatement "ah oui, y'a bien une otite !". J'en étais presque à la bénir d'être enfin apparue après ces nombreux allers-retours chez la pédiatre. Ajoutez la poussée dentaire de malade et les reliquats de la pharyngite et ça donne.... 8 jours d'antibiotiques !! Auxquels on ajoute une augmentation de l'Inexium et des supos de Doliprane (mais plus les "nourrisson", "parce qu'il est trop grand maintenant pour ces petites doses"). 10 minutes, sans se prendre la tête et un traitement de cheval. Le premier, en 10 mois avec des rates qui normalement, ne devraient pas si bien fonctionner. On s'en sort bien, on ne se plaint pas. Juste... Quand même... On aimerait juste parfois que les médecins nous apportent leurs lumières de façon claire, nette et précise.

Alors vraiment, si du personnel médical lit ce blog, faites attention quand vous avez des profanes qui ont pris une autre orientation que la voie royale de Médecine assis en face de vous avec un Joufflu fièvreux. On a besoin de réponses. pas de nouvelles questions. On est obéissants (on ne va pas tenter des trucs chelous sans votre accord, ou du chamanisme...). Il faut multiplier tout cela au fait que nous sommes des parents. alors autant, pour nos petites carcasses, on a tendance à s'en foutre, mais quand on touche à nos bébés, on aimerait bien en savoir autant que vous ! Et donc ça décuple aussi un tantinet les attentes, et aussi un peu notre capacité à relativiser ou à prendre patience ! Surtout qu'en plus de vos avis on à ceux des copains, de la famille, de tante Yvette et de la boulangère. En fait, être parent, c'est écouter beaucoup, et ignorer (beaucoup aussi...) mais soigner (quand même !).

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