Petits riens // Joyeux anniversaire !!!

La vie est faite de riens. Des petits riens quotidiens, qui ponctuent les évènements de chaque jour. Des petits riens qui font que soudain, tout prend du sens, tout s'inscrit dans un parcours, tout vaut le coup d'être vécu. Il y'a les petits riens insignifiants, les petits riens tristes et aussi ceux qui font sourire. Il y en a plusieurs dizaines chaque jour, des petites joies, des petites peines.

Et puis parfois, il y'a les ouragans. Dévastateurs et brutaux, qu'il s'agisse de grands bonheurs ou de grandes tristesses. Moins réguliers, mais qui transforment la vie, lui donnent ou lui enlèvent du sens. Torrents de larmes, joie immense, ils bousculent le schéma qu'on avait établi et l'effacent parfois.

Une grossesse est porteuse de milliers de petits riens, et de quelques ouragans. Une naissance encore plus.

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Il y'a un peu plus d'un an, alors que nous découvrions que tu allais débarquer dans nos vies, nous avons beaucoup souri. Attendu, espéré, désiré... Tous les mots ne suffisent pas à décrire l'état dans lequel nous étions pendant cette attente trop longue. Chaque annonce à nos proches nous faisait trembler de joie. nous avons beaucoup reçu pendant que l'on t'attendait. Nous étions très entouré. Parfois trop, parfois pas assez, ou pas parfaitement. Tant pis.

Lorsque tout a basculé, nous avons eu si peur ! Si peur que tu n'es été qu'un rêve, si peur que ta magie s'évapore. On s'y est accroché, très fort. On a continué à prendre les petits riens alors que l'ouragan avait détruit notre petit cocon. On a pris tes mouvements continuels durant les échographies, les coups sous ma peau, les nouvelles parfois rassurantes des médecins. Nous t'avons vu de nombreuses fois alors que tu finissais de grandir à l'abri. Nous avons beaucoup parlé avec tes futurs "sauveurs".

Et puis ce 9 décembre, tu as décidé qu'il était temps. Tu as décidé que c'était ton jour, que tu allais te lancer dans l'aventure. Nous avons eu peur. Cette journée à été très longue. Nous t'attendions tellement fort et en même temps, nous étions terrifiés par la suite. Nous savions que, te faire naître, c'était accepter que tu aies une opération difficile. C'était obligatoire. Je peux le dire aujourd'hui, même si cela me fait de la peine : à une autre époque ou dans un autre pays, tu ne serais pas là, tu serais mort de faim quelques jours après ta naissance. Cela arrive encore aujourd'hui, dans des contrées reculées, qui n'ont pas accès à une équipe de médecins comme la tienne. Il n'y a que 30 ans que l'on opère les atrésies en France et que cela fonctionne parfaitement. Je ne remercierais jamais assez le chirurgien qui a sauvé mon bébé. Celui qui a permis qu'aujourd'hui tu sois un Joufflu gourmand.

Ce 9 décembre a été le plus beau et le pire jour de ma vie. Je ne pense pas qu'un an après cette date soit fantastique. J'en ai pour preuve mes insomnies incontrolables de ces derniers jours, et mes cauchemars dans lesquels tout revient.

Pourtant, depuis un an, pas une seule minute ne passe sans que tu ne sois dans ma tête. J'ai coutume de dire que tu as pris la vie que nous avions avant, que tu l'as enfermé dans une malle et que nous l'avons balancé par la fenêtre. Tu as été un ouragan. Certaines personnes ajouteraient "de bonheur" mais tu me connais, je suis bien trop réaliste pour laisser penser cela.

Nous avons mis du temps à nous comprendre. Je ne saurais jamais si c'est à cause de ces trop longues semaines compliquées à l'hôpital. Je sais seulement que devenir ta maman a été le défi le plus difficile que j'ai eu à relever. Loin des clichés sur le torrent d'amour qui était censé m'envahir à l'instant où tu as quitté mon ventre, tu as appris à nous connaître, à nous observer pour te laisser apprivoiser. Nous avons eu des jours difficiles, comme si 2 partitions différentes s'entrechoquaient. Ces sons qui n'allaient pas ensemble ne jouaient pas la musique dont les gens parlent, cet accord parfait que je sais maintenant impossible. Au-delà de la perfection, il nous a fallu accepter que cette musique était nouvelle mais pas désagréable pour autant. Innattendue, difficile, parfois inaudible. Cela ne sera peut-être jamais une symphonie, mais c'est notre façon de jouer, à tous les 3. Finalement, c'est imparfait. Mais c'est devenu bon.

Aujourd'hui tu as un an. Je pense plutôt que NOUS avons un an. Un an de vie commune. 365 jours d'échanges, de sourires, de larmes.

Tu es un bébé très beau. De grands yeux bleus, un visage parfait, une blondeur quasi blanche... Les traits de ton papa au même âge. Ce sourire que tu envoies à tout le monde est ma plus grande fierté. Il ne te quitte jamais et semble gratuit car tu le distribues toute la journée. Tu aimes le contact et a beaucoup de mal à rester seul. Il faut jouer encore et encore, à taper des objets, à se cacher, à donner et reprendre, à faire vivre tes peluches. Tu aimes déjà le monde des adultes et tu es très attentif aux conversations. Tout devient amusant à ton contact et tu sais très bien attirer l'attention. Tu as d'ailleurs beaucoup de mal à supporter de ne pas être le centre du monde, comme dans cette salle d'attente où tu as tout fait pour que la dame t'observe, sans que jamais elle ne daigne répondre à tes appels...

Nous savons aussi que tu es très obstiné et le personnel de la crêche nous le confirme chaque jour. Impossible de te faire faire ce que tu ne veux pas. Tu n'es pas le plus facile des bébés. Tu te fâches, pleures et nous rejoues des grandes scènes de larmes. Quand c'est non, c'est non !

Tu as un sommeil de plomb et un appétit gargantuesque. Je m'efforce de te faire manger de tout (et pour l'instant tu n'es pas difficile) mais tu préfères de loin les biscuits et tout ce que l'on mange nous, les grands. Tu n'es pas un couche-tard, et nous faisons en sorte que tu n'aies pas à t'endormir ailleurs que chez nous ou chez Mamy.

On te protège certainement trop, on fait de notre mieux. Nous te rêvons adulte, heureux et bien dans tes baskets.

Mon titi le plus joli de toute la galaxie, mon chéri, mon bébé, mon Sam... Joyeux anniversaire ! Que les 9 décembre de tes 100 prochaines années soient les jours les plus magiques de ta vie. Nous essaierons d'en faire des fêtes. Que les anges qui ont permis que tu sois là en bonne santé continuent leur boulot. Merci d'avoir été un tsunami, merci de ne rien avoir lâché quand ta vie était entre tes mains. Continue d'être un dur qui sait se réfugier dans nos bras, continue tes progrès incessants, perfectionne ce petit caractère déjà bien affirmé. Et surtout merci pour ce millier de petits riens quotidiens qui ont changé nos vies.

Je t'aime.

PS : J'espère que tu reliras ces lignes alors que tu t'apprêteras à devenir père. Je vois loin certes mais je pense que tu auras alors un éclairage différent et honnête. J'espère être avec toi pour les lire ensemble, alors que ton statut d'enfant basculera...

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