Qu'est ce qu'on mange ?

Hello !

Comme vous le savez depuis les récents débriefings ratounesques et otitesques, mon petit joli Joufflu commence à en avoir plein les trompes d'Eustache ! Et nous aussi tiens...

Donc nous avons rendez-vous chez l'ORL mercredi pour voir si on ampute les végétations, si on pose des diabolos... Le tout bien sûr sous anesthésie générale, et c'est là que je suis ravie ! Ou plutôt terrifiée. Retourner au bloc, l'anesthésie, le réveil, les suites, l'hôpital... Je suis bien consciente que ces interventions n'ont aucune commune mesure avec ce qu'il a vécu, qu'il est grand et robuste et que, même si ça le couche quelques jours, il pêtera le feu comme jamais ensuite. Mais quand même, je pense que ce n'est facile pour aucun parent, c'est juste que je pensais qu'on avait donné déjà dans les trucs bien merdiques sans avoir à y retourner 13 mois après.

J'ai donc tenté des expériences. Il prend de l'homéo en ce moment pour l'aider à lutter contre ces vilaines otites qui sont amenées par les poussées dentaires. Perso je n'y crois pas mais ce n'est pas le traitement le plus compliqué du monde, c'est sucré... Il faut juste que j'y pense.

Je l'ai emmené chez l'ostéopathe aussi. Celui qui est spécialisé dans les nourrissons et qu'on avait rencontré quand il était bébé. En fait, c'est le papa de l'ostéopathe que je connais bien. Il est généraliste avec une spécialité d'auriculo acupuncture et même si je n'y croyais pas du tout, force est de constater que je ne fume plus depuis 6 ans, et que je suis sûre qu'il n'y est pas pour rien, idem pour mes zonas atrocement douloureux qu'il a viré en 1 séance. Son fils est un ostéopathe sympa mais... (bah oui sinon, c'est pas drôle...) un tantinet rabat-joie.

Il me demande ce qu'on a changé dans son alimentation ces derniers mois. Entre 6 et 12 mois, je lui dis "tout". Il mange de la viande, des compotes industrielles, des petits pots de moins en moins industriels et de plus en plus proches de nos assiettes à nous, du fromage, des gâteaux, maison ou simples comme des madeleines, des langues de chat, des boudoirs... Pas de lait infantile (mais ça vous le saviez déjà :p) et alors là, que n'avais-je pas dit... "Mais pourquoi ?" Euh bah... parce que j'ai envie qu'un jour il mange exactement comme nous. Qu'il apprécie des trucs pas bien de temps en temps, qu'il aime ou déteste certains goûts... Enfin la vie quoi !

Et là, le drame (je vais vous la faire en liste histoire qu'on soit plus clair) :

- Pas de saccharose mais du fructose (en magasin bio)

- Pas d'industriel (euhhh)

- Et si possible du bio (re euhhh)

- Pas d'oeufs, parce que les enfants de moins de 3 ans ne sont pas prêts (alors ça, je ne suis pas sûre)

- Que des fruits de saison (bah oui mais chez Materne, ils ont de la compote à la pêche en décembre, et il aime bien la compote à la pêche)

- Que du bio

- Sans gras

- Sans sucre

- Préparé avec amour

A ce moment-là, j'ai pris la décision de ne jamais revenir le voir. Il a 30 ans, 2 enfants en bas âge, fils de médecin, libéral lui même et marié à une généraliste (j'ai rien contre les médecins, je les aime... On a juste pas les mêmes ressources et j'aime pas aller chez Satoriz).

On ne mange pas bio SAUF les œufs et le lait (pour des raisons non pas liées à la qualité du produit mais juste parce que les bêtes ont plus de chances d'avoir vu la couleur du soleil et ça, j'aime bien ! Et encore les œufs je ne les prends que si c'est écrit "plein air" dessus). Je respecte les gens qui mangent bio, mais j'attends qu'on respecte le fait que j'ai des réticences.

Autre chose, j'élève un enfant. Je peux vous jurer sur ce que vous voulez qu'il s'enfile 250g de légumes chaque midi, maison ou non. Qu'il complète avec ce qu'on a, et avec les doigts s'il vous plait (jambon de dinde, jambon blanc, knacki, steak haché, quenelle, riz...). Des laitages en grosses quantités (industriels, frais ou maison) et des fruits, qu'on essaie de lui faire avaler crus mais ce n'est pas encore ça. Il boit de l'eau, goûte dans nos assiettes quand c'est la fête et mange tout à fait normalement.

Hier j'avais du surimi donc j'ai quand même googlé pour savoir si "on a le droit" (oui quand tu as un enfant, ta barre de recherche Google devient très très chelou). Dans les faits, je suis évidemment tombée sur des forums d'ayatollahs (NON MAIS T'ES FOLLE, c'est des déchets de poissons...) mais d'autres qui disaient qu'à partir d'un an, on s'en fout. Certes c'est assez peu chargé en poisson, mais pour accompagner les brocolis, il s'est avalé un bâtonnet entier ! S'il en mange une fois par mois, ça ne devrait pas le tuer... J'ai très envie d'aller au restaurant avec lui quand il sera en capacité de manger comme nous. Petite, je détestais qu'on me commande le menu enfant alors que les grands mangeaient des trucs trop sympas. J'espère qu'il aura la même envie de goûter à tout. Et puis quand c'est dimanche, il aura un mini-apéro et il sera tout content !

Je suis partisane de l'intégration dans la vie. C’est pour cela que l'on fait des enfants non ? Et cette intégration, encore plus chez nous, passe par le plaisir de la table, d'être ensemble autour d'une table garnie. Il n'y a pas de mal à être gourmand, pas de mal à lui faire goûter tout (en dehors des choses pour lesquelles il n'est pas prêt, comme le kiwi par exemple).

Ma pédiatre a compris comment je voulais fonctionner et me dit toujours "c'est vrai qu'il va bien" (surtout pour le lait "normal" pour lequel elle n'était pas bien d'accord). Si j'avais un deuxième enfant, je ne me poserai pas de questions. Et j'aurais moins le temps de m'en poser, moins de scrupules, moins de recherches bizarres sur Internet. Nous avons jusqu'à la période fatidique des 3 ans pour tout leur faire essayer. A cette date, ils ne veulent plus rien goûter, prennent conscience que la viande, c'est un animal. Que certains goûts les rebutent ou que la couleur de certains aliments ne leur plait pas. Nos grands-parents ne se posaient pas tant de questions...

Je me souviens qu'au Portugal dans ma famille en 1994 (ce n'est pas si vieux), il n'y avait qu'un seul verre au milieu de la grande tablée. Nous devions être une vingtaine et nous, petits français intolérants à cette chaleur, nous avions soif. Un vieil oncle a rempli la chope avec du mauvais rosé (vous connaissez le Vinho Verde traditionnel portugais, entre vin et vinaigre, tord-boyaux par excellence). Hop ! Il nous l'a tendue et... y'avait plus qu'à ! Ma mère a quand même réussi à nous avoir un verre d'eau, mais c'était bien parce qu'on venait d'un pays riche !

Une fois encore, j’en prends, j’en laisse. Et je comprends que cela va être le jeu pendant de longues années.

Côté moteur, on passe notre journée les indexs dans ses poings, parce qu’il ne veut que marcher, mais qu’il ne peut pas encore se lâcher. Il monte les marches dés qu’il en a l’occasion, et donc on bondit parce qu’il va vite. Il n’a pas encore compris que se mettre debout sous une table fait mal à la tête, commence à ranger et déranger sa chambre, cherche à nous faire rire et… tape dés qu’on lui refuse quelque chose. Il va donc au coin au moins une fois par jour, et commence à en prendre l’habitude parce qu’il ne se retourne pas tant qu’on ne lui a pas dit. Il ne bouge pas, assis par terre face au mur. C’est triste, cela nous fait de la peine mais c’est le début de ce grand jeu d’opposition qui va durer… Je ne pensais pas que cela viendrait si tôt. A la crèche il est adorable (grrr) même si il se défend lorsque les grands le cherchent. Il grandit le tout petit, s’éloigne de sa position de petit dernier de la bande avec les ventres ronds des copines. Pour l’instant, j’ai le droit de toucher un bébé sans qu’il ne se jette à mon cou… Cela ne va peut-être pas être éternel, je vois qu’il observe toujours du coin de l’œil…

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