(Who ?) men’s day ?

Ce blog est consacré à la vie d’une femme d’abord, puis d’une mère. Cela fait 2 ans que je tente de faire passer des messages porteurs d’espoirs, sans tabous, sans masque. Les gens qui me connaissent « dans la vraie vie » ont maintenant une idée de mes cycles menstruels et parfois, vous n’aviez pas prévu d’en savoir autant à mon sujet. Et pourtant, je considère que ce n’est pas grave. J’ai même préparé un article « sperme » parce que bon nombre des lecteurs de ce blog sont concernés par l’infertilité, et que cet examen simple mais souvent difficile à aborder mérite un article à lui tout seul. Je pense seulement que dans nos vies, c’est présent et donc cela ne doit pas être un secret.

Hier avait lieu la Journée Internationale du Droit des Femmes (oui parce que « journée des chieuses » c’est un peu réducteur. Merci à mes amis Facebook relous de toujours apporter de l’eau à mon moulin). Vous n’êtes pas sans savoir que lorsqu’on évoque le droit des femmes, on se heurte dans un premier temps à cette dure réalité : il vaut tout de même mieux naître avec un pénis et ce, un peu partout dans le monde !

Pourtant 51% de la population mondiale naît « femelle ». Si on aborde ce point à la Darwin, c’est plutôt pas mal sachant que l’objectif de l’humanité est de se reproduire et que dans ce cas, les utérus ont une utilité non négligeable ! J’énonce des vérités mais il me semble que trop souvent, on oublie quelle est notre vraie place en tant qu’espèce.

Dans les pays sous-développés, c’est « pire » que chez nous. Heureusement que la majorité des peuples n’ont pas accès à l’échographie car la part de la population féminine en prendrait un sacré coup derrière la casquette ! L’Inde en tête (mais pas que), les méthodes pour tuer les fillettes à leur naissance sont nombreuses (le biberon avec les pelures de riz, la noyade) et les gouvernements ne s’en sortent pas, mais n’insistent pas trop. Une fois nées, elles vont coûter une petite fortune à leurs parents pauvres. Ils ne sont pas forcément sadiques mais ils ont à peine de quoi se nourrir dans la journée, alors envisager une dot colossale afin de marier la petite… C’est compliqué ! Plus près de nous, en Crête, la coutume est de commencer à bâtir une maison à la naissance de la petite fille et de la terminer lorsqu’elle sera fiancée. On voit donc des chantiers tout le long des routes… En attente d’un couple dans 2, 10 ou 20 ans.

Les continents « pauvres » comme l’Amérique du Sud, l’Afrique ou l’Asie ne sont pas en reste. Partout, la femme est considérée comme inférieure. Mariée de force, parfois avec un mari polygame (mais peut être que parfois il vaut mieux être plusieurs pour se serrer les coudes), enfermée à la maison, entre cuisine et enfants. Je caricature volontairement mais je n’exclus pas l’Europe de ce constat, encore moins l’Amérique du Nord.

On lit encore trop de cas d’excision, de viols, de mariages forcés. Leur condition d’être humain est encore plus niée dans les pays en guerre ou fragiles. Pauvreté, violence… le cycle infernal est même parfois entretenu par d’autres femmes, tellement brisées qu’elles ne savent pas envisager l’avenir de leurs semblables sans violence. Aujourd’hui encore, certaines branches djihadistes retiennent un grand nombre de jeunes filles pour des mariages forcés ou des relations sexuelles avec les soldats. Même ces jeunes filles qui partent d’Europe pour rejoindre le Moyen Orient témoignent qu’elles déchantent vite, lorsqu’elles se retrouvent esclave sexuelle pour « subvenir aux besoins » des combattants.

En France en 2015, la situation n’est pas des meilleures, même si elle est sans commune mesure avec ce que vivent les jeunes femmes ailleurs. La remontée du traditionalisme n’est pas sans dommages pour la gent féminine. L’avortement est remis en cause par les fondamentalistes, la contraception aussi. Les procès des magnats de la politique sont perdus d’avance pour les plaignantes, qui n’avaient qu’à pas être des prostituées. Même si notre pays évolué avait avancé sur de nombreux sujets, on dirait bien que cela recule. Et malgré tout, la société continue de juger pêle-mêle : une femme qui travaille et dont c’est le mari qui est le plus souvent vu à la crèche, une mère qui quitte son mari pour sa carrière ou un autre homme, une femme qui ne désire pas d’enfants, une fille unique qui refuse de changer les couches de ses parents, une femme qui réussit professionnellement et qui dépasse les hommes… J’ai des exemples pour chacun des cas énoncés.

Tous ces jugements sont fondés sur des idées machistes ancestrales et très souvent, émis par d’autres femmes. Loin de moi l’idée de vouloir me revendiquer féministe mais j’aimerais assez que l’on n'entende plus, dans la bouche d’une autre femme (quel que soit son âge) : « Elle a dû coucher pour y arriver », « elle s’est fait violer, regarde comment elle est habillée », « quitter son mari alors qu‘on a un bébé ? Quelle idée ! ». Comment peut-on espérer que nos fils aient une vision « normale » des femmes si ce sont les femmes de leur entourage qui émettent ce genre de jugements ? Si on rit aux blagues débiles des hommes ? « Vous attendez une petite fille ou un petit garçon ? Une pisseuse !!! ». Ou mieux encore : "Nous c'est 364 jours par an, demain tu remets ton tablier" (je vais vomir...).

Hier c’était la Journée Internationale du Droit des Femmes. On s’en fout d’avoir une rose à la boulangerie (même si c’est gentil) ou que ce jour-là, notre homme s’occupe des petits. Par contre on veut un salaire égal, un regard égal, des droits égaux, du respect et de la décence… La liberté quoi !

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