Ovaire Blog le retour !!!

Oui je sais, vous n'êtes pas dupes, je suis en vacances. Mais j'ai une baguette magique qui me permet de vous parler depuis St Trop'. En vrai, c'est OverBlog, mon amour de toujours, qui est super sympa et qui peut enregistrer mes idées afin de vous les faire partager un peu plus tard. Très utile dans mon cas...

Parlant d’Ovaires Blog (je l’ai déjà faite celle-là mais elle colle tellement bien à mon projet de départ que je la ressors de temps en temps…), me voilà de retour avec deux infos de dingues. Même que la plus dingue, je vous en parle à la fin (c’est du suspense !).

Je commence avec une question de préservation. Et vous n’êtes pas bêtes, de la préservation d’ovocytes !

De quoi parlons-nous. Simplement d’un stockage ovocytaire, d’une réserve en cas de pépin.

Genre, vous êtes comme Lili Sohn, la géniale auteure-blogueuse de 29 ans qui a un cancer du sein et vos médecins vous annoncent qu’en plus de la perte des cheveux, de l’appétit, de votre téton… Vous risquez de perdre tout votre stock d’ovocytes pour faire un bébé avec votre amoureux dans quelques printemps, quand vous serez complètement « guérite ». On sait que la chimiothérapie ou les rayons… (ou tout autre méthode hyper forte pour anéantir les cellules moisies de ce vilain cancer) peuvent décimer les cellules en bonne santé mais aussi, les gentils ovocytes. Les femmes ne produisent pas en continu (comme les hommes et leurs spermatozoïdes). Elles naissent avec un stock et si le stock grille, tant pis, y’en a plus ! Mais parfois les cancéreuses sont jeunes et elles n’ont pas eu le temps de faire des bébés, donc il faut faire un prélèvement pour conserver des possibilités de minis dans quelques temps.

C’est très simple : on stimule avec des hormones, on ponctionne et on congèle. Si la donneuse est déjà très amoureuse de son chéri et que ses gentils ovocytes peuvent être inséminés avec le sperme de ce monsieur, c’est encore mieux, car les embryons (c’est quand l’ovule et le spermatozoïde sont déjà fusionnés) se conservent mieux que des ovocytes tous seuls.

On est pas obligée d’avoir une maladie grave pour en bénéficier. Si par exemple, à 22 ans vous êtes en ménopause précoce (comprendre : que votre corps de femme n’est déjà presque plus prêt à faire des bébés) mais que vous n’avez même pas de chéri, on peut aussi vous faire bénéficier d’une préservation. Bref, ce n’est pas bénin, mais ça peut aider en cas de coup dur.

En France, la préservation ne peut pas être proposée dans une idée de confort ou sans motif médical avéré. Récemment, aux Etats Unis, des firmes mondialement connues comme Apple ou Facebook ont défrayé la chronique en proposant à leurs salariées de privilégier leur carrière en mettant de côté un stock d’ovocytes. Genre « vous pouvez travailler pour nous jusqu’à n’importe quel âge sans vous soucier de votre fertilité (c’est si futile) et ne vous inquiétez pas, si vous tombez enceinte à 52 ans, ce sera très facile à gérer ».

Pardon mais malgré le respect profond que j’ai pour la liberté de chacun(e) « un enfant quand je veux », je trouve cela un tout petit peu déplacé. J’ai cru comprendre que certaines étaient ravies de la démarche alors tant mieux. Je pense juste qu’on doit se soucier de l’enfant (oui oui, je sais ça fait réac) et aussi de la qualité de vie de la mère passé un certain âge. Je pense aussi que si Mère Nature nous a collé la ménopause, c’est qu’après 50 ans, mère et enfant ne sont pas privilégiés par la situation. Un premier enfant miracle qui débarque à 48 ans c’est super, des quintuplés italiens "made in Antinori" qui naissent aux 75 ans de leur mère, je suis super contre !!!

Je respecte donc le choix de ces femmes qui mettent leur féminité et leurs désirs de côté pour une carrière, je respecte le fait que les entreprises le proposent (pas folles les guêpes) mais si c’était ma sœur, ma fille ou ma meilleure amie, je serai plus mesurée… C’est un débat éthique et pour ce qui concerne l’éthique, chacun se débat avec sa propre morale.

Là où je deviens complètement dingue en ce moment si on me parle d’ovocytes, c’est le Drilling. Quoi ? Qu’est ce qu’elle raconte ?

Le drilling, toi qui est victime des OPK et qui visite ce blog (oui, parce que mes stats sont clairs, cet article écrit au tout début est ton chouchou absolu), c’est révolutionnaire. Ecoute bien !

L’autre jour, distraitement et complètement par hasard, j’entends ce terme anglais que l’on traduit par « forer ». Je google dans la demi-seconde et là :

Qui de mieux que le binôme sympatoche de la santé pour te résumer cela ? (Tu as remarqué les images atroces de ce pauvre petit ovaire tout troué ? Berk !!!)

Mais là j’ai tout de suite pensé : pourquoi je n’en avais jamais entendu parlé ? J’ai tout lu, tout évoqué, tout abordé avec les médecins, échographes, infirmières… Avant et pendant (et même après) ma grossesse. Mes OPK de compétition faisaient se réunir les internes ou les apprentis radiologues lorsque je passais dans le coin, culotte à hauteur des genoux, j’étais un spécimen de foire, on voulait voir ce que c’était qu’un ovaire surchargé. Et jamais on ne m’a parlé de cela ! Jamais ce mot n’avait été prononcé et Dieu sait que je retiens tout !

Je veux ça si un jour je dois remettre en route un projet de bébé. Vous avez entendu à la fin ?

« Dans la moitié des cas, l’ovulation peut être relancée et une fois sur deux, on aboutit à une grossesse spontanée dans l’année ». C’est une blague ? C’est encore un truc réservé à certaines cliniques parisiennes de luxe…

J’ai mené l’enquête. Voilà ce que j’ai trouvé :

On retrouve des traces (minimes) depuis 2004. Apparemment confidentielle, cette technique n’est que peu proposée. Un rapport complet (cliquez si vous voulez le lire mais je vous préviens, c'est chiant) daté de 2008 présente la technique et sa faisabilité (par coelioscopie ou fertiloscopie, qui correspond à la voie vaginale puis utérine). Je ne m’avance pas plus loin dans les détails, on s’en fiche. Vous avez entendu Marina et Michel ? Ca fonctionne, et bien en plus. Surtout que ça a un effet sur plus d’un cycle car le tissu cicatriciel met du temps à se reformer…

5% des femmes en âge de procréer sont concernées par les OPK, ce qui représente pas mal de nanas. Alors pourquoi diable n’en entendons-nous pas parler plus tôt ? Une partie de la réponse se situe dans l’absence de formation des praticiens. Ils ne seraient pas nombreux à se lancer… Et en plus, certaines Caisses Primaires d’Assurance Maladie (ou la sécu, comme vous voulez) ne reconnaissent pas la technique et ne la prendraient pas (parfaitement bien) en charge. En plus, pas mal de médecins considèrent que le surpoids mis en cause dans les cas d’OPK est à lui seul la solution à ce problème de fertilité. Comment on fait alors, quand le surpoids est induit par le problème de fertilité, en plus d’en être la cause ? (J’ai été claire là ? Pas sûre). C’est le chien qui se mord la queue, et une fois encore, les « grosses » n’ont qu’à pas manger du Mac Do… (c’est réducteur hein ? C’est moche…).

Peu importe, je suis super fâchée de ne pas avoir été informée. Quitte à changer de région pour en bénéficier… Mais je suis aussi super contente de savoir que ça existe ! Parce que si moi, vous, nous… La prochaine fois, on en parle à nos médecins, nos radiologues et tout ce petit monde passionné par nos trompes, ils vont bien finir par se renseigner... C’est comme ça qu’on fait bouger les choses, qu’on lance des boules de neige et qu’on se fait forer des trous dans nos ovaires tous croutés !!

A l’abordage !

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