Incredible India - Partie 1

Je suis partie en Inde en 2010… Près d’un mois dans les deux régions du sud du pays, le Tamil Nadu et le Kerala. Il y’a un moment que je voulais poser par écrit tous ces souvenirs… Quel meilleur endroit que mon blog-thérapeute ? Je ne vais pas vous raconter tout d’un bloc. Vous seriez gavés d’Inde et ce serait bien trop long. Je vais vous en parler régulièrement mais de façon plus concentrée… Voici la première partie.

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Vous raconter mon rêve indien, récurrent et douloureux m’y a fait repenser… A mon Inde, à ma vision de ce pays, qui est différente de celle des autres. Je pense qu’aucun autre pays au monde ne vous donne cette impression.

Quel autre pays est encore soumis à une telle tradition ? Quels autres costumes traditionnels sont aussi présents dans les grandes villes, et non pas juste "pour le folklore" ? Quel autre pays au monde a ses coutumes si différentes avec la vie, et la mort ?

A l’été 2009, je prends un job dans une association de tourisme solidaire. Alors que je suis un pur produit de la consommation, et dans la communication qui plus est, j’intègre une association (ne serait-ce que cela…) qui, fondée en 1968 par le PSU, propose aux gens de partir non pas en voyage, mais en découvertes, en intégration dans une tradition locale.

En septembre, nous commençons à travailler sur les voyages de l’année suivante. Je découvre le monde, moi qui ai voyagé un peu mais pas énormément. Je dois écrire sur ces pays, il faut donc que je sois hyper documentée… Et soudain, les images de l’Inde. Ce rêve de gosse, que je pense commun à nombre d’occidentaux. Dans ce catalogue, les 3 semaines en Inde sont proposées à moins de 1000 €, vols et hôtels. Comme je travaille pour la maison, j’ai un prix encore plus avantageux… Il s’agit de l’Inde du Sud. Pondichéry, Madras, Cochin…

Comme ça, je dis à ma mère « allez viens , on part en Inde ». Et là, on se dit « oui ».

Nous préparons peu ce voyage. La formule « expédition » promet des hébergements et le gros des détails. Pour le reste, il faut se débrouiller. On intègre un groupe de 12 personnes, de tous âges et de tous milieux. L’animatrice est quelqu’un de souriant mais de très débrouillard, elle en attend autant de nous.

Juste avant de partir en mars 2010, j’ai le plus gros événement de l’année avec cette entreprise. Je pars le lendemain après plus de 35h supplémentaires en un mois, cuite. Dans l’avion, on comprend. On comprend que l’on change de monde.

On atterrît à Madras le 16 mars 2010 à 23h et quelques. Il fait une chaleur de bête, humide et n’ayons pas peur des mots, l’Inde est un pays… odorant !

Nous montons dans le taxi. Première dérouillée… En dehors de la conduite atrocement dangereuse du « pilote » et de l’état délabré de son véhicule (ce qui ne s’arrangera pas au fil du voyage, je vous invite à aller voir des vidéos sur le web à propos de la circulation en Inde…), nous découvrons des centaines de familles qui dorment à même le sol, dans la rue, autour des roues des taxis et des autres modes de transports (tuktuk, carrioles, mobylettes…). Les mères avec leurs enfants sont couchés dans la rue, il y’a un bruit infernal, un danger permanent… Nous arrivons dans l’hôtel le plus pourri de Madras (enfin, nous y prendrons goût). Et nous ne dormons pas… Les jours suivants, au fil du périple, nous y arriverons, nous sommes tellement fatiguées.

Quelques jours après notre arrivée, nous atteignons Mahabalipuram.

Incredible India - Partie 1
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Ici, le tsunami a tout dévasté quelques années auparavant. Nous mangeons au bord de l’eau (les plages ne sont pas praticables ici, pas d’infrastructure, pas de surveillance, beaucoup de déchets), et nous commençons à visiter, sous une chaleur de plomb. Nous comprenons aussi l’utilité des geckos qui se trouvent sur nos oreillers le matin, ce qui surprend les premiers jours. Les mangeurs de moustiques nous aident beaucoup. Nous dormons dans des « sacs à viande » censés nous préserver de ce qui rôde dans la chambre, ou sur le lit. Les oreillers grouillent, les jours sous les portes laissent la place libre aux insectes, araignées ou blattes… C’est très dur. Je pense que, chacune de notre côté, nous nous demandons ce que nous faisons ici. Sans se l’avouer, c’est trop. Trop loin de notre vie, trop difficile à encaisser, trop différent… Avec le recul, je ne pouvais vivre cela qu’avec ma mère. Il faut pouvoir s’engueuler sans s’en vouloir dans un pays comme celui-ci. Il faut réclamer du calme et ce n’est que difficilement possible avec ses amis, à qui on veut faire plaisir.

On commence les massages ayurvédiques. Elle et moi avons un contact plutôt facile et les gens identifient rapidement la mère et sa fille. Le sourire aux lèvres, on commence à découvrir les locaux, leur mode de vie, leurs joies et leurs soucis. On s’aventure un peu partout, pour trouver tel ou tel monument, ce petit boui-boui pour boire un thé…

Nous arrivons à Auroville… Ville utopiste fondée par un gourou local et sa compagne française, le temps s’arrête. Loin de nous le concept de l’ashram qui enferme plutôt qu’il n’ouvre vers l’autre, mais cet endroit est reposant. L’harmonie règne (même si nous ne sommes pas de Bisounours et que leur modèle de « secte » est vite lisible). Les gens viennent du monde entier, il y’a cette énorme soucoupe dorée abritant un cristal unique (que nous ne verrons pas, nous ne sommes pas « initiées »). Enfin nous commençons à comprendre ce pays.

Incredible India - Partie 1

Notre descente vers Pondichéry va devenir la clé de voute de notre voyage… Nous sommes arrivées là où les choses s’accordent. Nous déjà, plus enclines à supporter difficultés, manque d’hygiène, petites et grosses bêtes. Le décalage horaire est rattrapé, on commence à prendre plaisir à découvrir la vie indienne, et une fois encore, les gens !

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