Celle qui travaille

Alors que mon Joufflu continue de pousser (qu'il s'agisse de sa taille ou de sa pointure (ruineuse), il est de plus en plus câlin et... collant, il faut bien le dire !

Arrivée à la crèche vendredi soir, à pied pour profiter du soleil et se promener un peu tous les 2, me voici alpaguée par la directrice. "Vous êtes absente en ce moment ?", euh non... Je bosse quoi... Mais je ne pars pas au bout du monde, je ne suis pas dans un avion ni même dans un train chaque semaine et rares sont les soirs où je ne suis pas là lorsqu'il s'endort.

"Parce qu'il vous réclame BEAUCOUP". Oui... Certainement... "Alors passez beaucoup de temps avec lui ce week end hein ?". Oui madame !

Mon petit garçon grandit. Il change. Il est toujours aussi entouré et bénéficie vraiment de beaucoup d'attentions. Il a eu sa maman quasiment jusqu'à ses 18 mois, et même s'il était déjà en crèche 3 jours par semaine, nous avions beaucoup de temps ensemble.

En plus, il n'a jamais fait de différence entre Papa et Maman. Il se dirige vers l'un ou l'autre de manière équitable, avec parfois une préférence temporaire mais qui ne dure pas dans le temps.

J'entends bien que je suis moins disponible. Même si physiquement je suis là, je rentre parfois fatiguée (qui ne l'est pas) et plus ou moins encline à supporter les caprices qui vont de paire avec les 21 mois et quelques.

Depuis quelques temps, il finit d'ailleurs régulièrement sa nuit entre nous 2. Oh ce n'est pas pour nous déplaire soyons honnêtes. On ADORE qu'il s'endorme avec nous, la main sur notre épaule, avec son petit souffle de chaton détendu... Alors oui, pour le monde civilisé, ce n'est pas idéal... Mauvaises habitudes, absence d'intimité du couple (enfin bon à 3h30 du matin, on est calmes quand même...) et surtout nazes !

On se lève, on va le récupérer, il se calme et s'endort rapidement, et nous aussi !

On sent bien qu'il est dans une phase de changement, en option "pot de glue" lorsque des gens viennent ou que l'on sort. Lui qui n'avait jamais manifesté cela auparavant, aujourd'hui, il se fait son quart d'heure timide à tous les coups. Ca ne dure pas mais il s'accroche comme un koala.

Vendredi dernier donc, j'ai pris dans les dents que mon absence (peut être pas physique mais au moins mentale) liée à la fatigue qui impactait la vie de mon fils. Et puis bon, on ne va quand même pas se mentir, les mères qui bossent, ce n'est pas acquis partout ! Mais oui, pourquoi faire des gosses si c'est pour les faire élever par d'autres ?

Alors que moi, je n'ai pas l'impression d'être une carriériste chevronnée ni plus impliquée dans ma vie pro que perso. Je fais mes 40 h par semaine, et je travaille à 40 km de la maison. C'est un choix. On aurait pu avoir un appart petit dans Lyon ou un appart plus grand mais plus loin. Nous avons choisi. Et Joufflu profite aujourd'hui grandement de ses grands-parents à 5 kilomètres et de ce cadre plus "rural" (tout est relatif...) avec une crèche mini et des week-ends bien remplis.

Je ne veux pas me fâcher. Si je bosse, c'est pour lui payer un toit au-dessus de sa tête, et lui assurer une vie plus simple que d'autres enfants qu'on ballotte sans cesse. J'ai l'impression qu'il se sent aimé, et écouté. Il est très souriant, est bien nourri, on joue beaucoup, son entourage lui est dévoué. Oui parfois le soir, quand avant même de passer à table, il joue avec nos nerfs, on est moyen chaud niveau patience. Si le repas se change en combat, on laisse tomber. "Tu ne veux plus manger ? Tu es sûr ? Ok alors je te propose la suite (yaourt ou fruit) et on arrête. Tu mangeras mieux demain !". On sait qu'il mange "très bien" à la crèche ou chez Mamy, il a une courbe de croissance tout à fait normale, donc pas de bagarre. On ne va pas gâcher TOUTE la soirée pour 2 cuillères d'épinards.

Je ne veux pas me fâcher non plus avec la crèche. J'apprécie le travail que les puéricultrices font, j'apprécie de voir son sourire et sa confiance avec les copains ou les adultes. Je sais qu'il est bien traité, qu'il découvre énormément, et qu'il est donc fatigué le soir venu.

Surtout, je ne veux pas me fâcher. Ni contre lui, ni contre moi. Lui parce qu'il est à un âge où tout s'apprend, la confrontation en fait partie. Il ne peut pas comprendre que je suis fatiguée, tendue ou en colère. Moi parce que j'ai déjà bien d'autres choses à gérer. Rien n'est parfait, et c'est illusoire comme objectif. Le but c'est que mon fils reste souriant, dorme et mange. Peut importe le comment ou le combien.

Quand je suis là, j'ai l'impression d'être "bien là". Ce n'est pas un enfant qui est enfermé dans sa chambre pendant que nous faisons "autre chose", il participe à tout et est préservé de ce qui est pénible ou qui ne lui correspond pas.

Il sait dire quand il va ou non, quand il est content de participer ou non, quand il est inquiet.

Nous faisons au mieux. Mais quand même, qu'est ce que ça me gonfle quand ma condition de "mère qui bosse" est remise en cause !!!!

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