Sucette or not sucette...

Ah lalalalala ! Je vous vois venir... "Ah non, chez nous, il n'aura JAMAIS de sucette !". "Attends, ça abîme les dents, ça le rend dépendant...". "J'allaite, donc ça va lui donner de fausses indications, lui faire croire qu'il tête". "Et puis c'est moche le truc dans la bouche franchement"...

La liste est longue... Vous avez prononcé ces phrases ? Vos enfants n'ont pas de sucette ? Vous n'avez pas servi de doudou pendant des tétées sans fin ? Alors vous êtes des saints ! Je vous admire pour toujours...

Mais... Mais... Mais...

Je lis régulièrement des posts sur Instagram, Facebook ou ailleurs qui commencent comme ça : "Hello, maman d'un petit bout de 3 (4, 5 ou 8) semaines, je me rends compte qu'il a un grand besoin de succion. Je ne veux pas lui donner de sucette, je ne suis pas pour, mais je suis fatiguée...". Et ainsi se déroule toute une liste de pour et de contre qui s'emballent, s'enflamment, se crêpent le chignon pour une question telle que "Sucette ou pas sucette ?".

Vous vous attendez à ce que je vous donne une réponse ? Et bien non, je n'en ai pas... Une fois encore, je vais répondre qu'il faut faire comme on le sent ! Si la fatigue est extrême et qu'on pense que la seule solution, c'est une sucette, alors il faut foncer en acheter une (15) et se soulager. Si on pense que la dentition de nos enfants prévaut sur son besoin vital et animal de téter quelque chose, alors on assume et on supporte.

Chez nous, la question ne s'est pas posée. Enceinte, je me souviens m'être fait la réflexion. Moi j'ai eu une sucette, mon frère aussi. On est adultes et on va bien.

Donc pourquoi pas ? Et puis, le diagnostic est tombé. Joufflu naît, On l'emmène en néonat 30 minutes après sa naissance. Nous montons le voir 1h30 plus tard et là... Une sucette en plastique (ultra moche en plus) trône déjà dans sa bouche. On s'en fiche, on ne la voit même pas...

Il se fait opérer, et quelques jours plus tard, alors que je passe des heures à l'observer, je pose la question. "Ah mais madame, les bébés qui ne sont pas alimentés dans leurs premiers jours, on leur en colle une direct. Vous savez combien de temps ça prend de récupérer un réflexe de succion sur un enfant qui ne tête pas les premiers jours ? Ça peut prendre des mois !!! Et s'il ne tête pas une sucette aujourd'hui, peut-être qu'un biberon dans un mois, il ne le têtera pas non plus". Le ton est ferme. Moi je comprends que tout cela n'est que pour son bien. Je regarde sur Internet "combien de temps ça prend de récupérer un réflexe de succion" et en effet, ça paraît très compliqué.

Va pour la tétine... Surtout quand le pauvre ne va manger que quelques millilitres par jour, et qu'il va hurler de lonnnngggues heures...

De retour à la maison, il conserve ce besoin... Et encore aujourd'hui. Je suis de celles qui ont investi massivement dans l'industrie de la sucette. Les réversibles... Il n'a jamais voulu des autres. Et mauvaise mère jusqu'au bout, j'hallucinais de lire parfois qu'il fallait se lever 15 fois dans la nuit pour lui remettre sa sucette qu'il avait éjecté. Dès que j'en ai trouvé, j'ai investi dans les fluorescentes (et ouais !) qui sont visibles dans le lit, et une bonne dizaine de modèles. Et il avait même pris l'habitude, tout petit, de s'endormir avec une sucette dans la bouche et une dans chaque main. On le retrouvait le matin avec une jaune dans le bec, alors qu'il s'était endormi avec une rouge...

Aujourd'hui à 2 ans, la sucette fait encore partie de ses rituels. Il demande d'ailleurs en fin de journée "Doudou Sucette", les deux font la paire.

Je sais qu'à la crèche, il la donne quand il arrive, avec Doudou. Mais régulièrement, en fin de journée, elle est de nouveau accrochée à son T-shirt.

Il sait qu'il faut l'enlever pour parler et la quitte facilement dans la journée. Les moments de fatigue sont plus complexes à gérer, et elle réintègre sa bouche pour la sieste et les câlins.

Une fois encore, je pense que chacun fait ce qu'il peut. Si l'enfant s'en défait facilement, alors tant mieux. S'il est demandeur, à nous de l'accompagner pour s'en détacher progressivement. A certains copains qui nous font remarquer qu'il a ENCORE sa sucette, j'ai l'habitude de répondre que je n'ai jamais croisé d'adulte qui tenait une conférence avec sa tétine accrochée à sa chemise.

En revanche, j'ai déjà vu des adultes "bien sous tous rapports" qui, une fois profondément endormis, se retrouvent instinctivement à mettre leur pouce dans leur bouche... Je dis ça je dis rien...

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