L'actu PMA : quid de l'entreprise ?

Allez, ça fait un bail qu'on a pas parlé d'actu. Mais que s'est-il passé récemment ?

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Je n'oublie forcément pas l'actu qui s'est repointée dans nos vies ces derniers jours, à base de bombes au Pakistan, en Belgique et ailleurs. Ces horreurs là me font froid dans le dos... Je ne sais plus quoi en dire. Pourtant je suis plutôt une optimiste mais là, je commence à me dire qu'il va falloir qu'on vive avec ces dingues et leurs méthodes. Qu'on apprenne à intégrer ces atrocités dans nos vies. Je ne sais pas comment faire, je ne sais pas comment élever mon fils dans ce climat, je ne sais pas comment me résoudre à y penser avant un concert, un tour de manège ou en faisant mes courses. Je suis sincèrement choquée qu'un Dieu, quel qu'il soit puisse exiger cela de ses fidèles. Malheureusement, aucun traitement pour ces malades mentaux. Le lavage de cerveau qu'ils subissent est inéluctable. Ils se font donc sauter (mais ça les regarde) au nom d'un vecteur d'amour et de paix et emportent avec eux les âmes innocentes d'adultes et surtout d'enfants de toutes confessions, sans distinction. Et c'est terrifiant...

Mais mon blog n'est pas un blog d'actu géopolitique. Le peu d'actu qu'il est censé traiter, c'est celle des parents, des femmes, des gens qui s'aiment et qui veulent mettre au monde des enfants qui pourront vieillir en paix...

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Miracle, on dirait que nos élus se rendent soudain compte que certains couples qui ont des difficultés à se reproduire passent un temps fou dans les couloirs de hôpitaux. Le hic ? C'est que Monsieur et Madame travaillent... Et souvent, c'est bien compliqué de suivre un traitement contre l'infertilité et d'assurer un job à temps plein. Entre prises de sang le matin, injections et échos du soir, les femmes sont particulièrement sous tension lors de ces traitements. On ne va pas se mentir, les hommes font un ou deux spermogrammes et hop... Quand bien même l'infertilité les touche et épargne leur compagne, c'est elle qui est stimulée, gênée et dérangée par les multiples rendez-vous.

2 choix s'offrent à elle. Soit elle en parle à son boss, soit elle se tait et on croise les doigts pour que ça marche vite et bien.

Dans le premier cas, elle est plus qu'hésitante. La maternité a beau être un fait connu des patrons pour les salariées dans la trentaine en couple, ce n'est parfois pas si facile d'aborder cet aspect privé avec la hiérarchie.

Je me souviens d'une copine à qui la boss a répondu "tu vas pas me faire ça ?!" à l'annonce de sa grossesse. De femme à femme, je trouve que c'est encore pire...

Quand j'ai annoncé ma grossesse à ma responsable (au tout début, rapport aux vomissements, aux chutes de tension et à l'arrêt de travail que je sentait imminent), elle a bondi de sa chaise et m'a serrée dans ses bras en me félicitant ! SURPRISE ! On a quand même un peu l'impression de marcher sur des oeufs...

Mais j'ai toute une ribambelle d'amies qui n'ont pas vécu cela ! Entre culpabilité et "acceptation malgré tout" (comme si le boss avait le droit de s'opposer...), on sait toutes comment ça se passe. Il y'a celles qui privilégient leur carrière et te répondent "mais t'es en CDD, tu ne peux pas être enceinte !" et les autres qui soutiennent que "c'est ta vie, tu fais ce que tu veux, fuck le patronat", ce n'est pas simple.

A présent, sous réserve de produire les justificatifs qui vont bien, la femme pourra donc s'absenter afin de se rendre aux différents examens... La nouvelle loi de santé (souvent décriée) intègre désormais ce chapitre dans son pavé incompréhensible. Oui c'est bien, oui c'est nécessaire. Mais comment en parler à certains responsables.

"Chef, faut que je vous dise, avec mon mec, on a du mal à faire un bébé (étaler sa vie privée à quelqu'un qui n'en fait pas partie). Du coup, je vais aller montrer mes ovaires et mon bel utérus à des spécialistes (intimité bonjour !). Mon jules va devoir éjaculer dans un petit pot histoire qu'on observe ses jolis spermatos (lol), et puis demain matin, je vais être à la bourre. Vous connaissez le Test de Hüner ? Non ? Bah on fait crac crac ce soir à 23h et demain matin, je vais faire voir mon entrejambe à des toubibs (on en parle là ou pas ?). Et puis bon, après, prise de sang le matin, dopage hormonal dans les WC à côté de votre bureau le midi et le soir, écho pelvienne. Vous comprenez Boss hein ? Ca va me bouffer un temps fou, mes hormones vont être au plafond et en plus, niveau concentration, je vais pas être au top, rapport au fait que les collègues enceintes m'emmerdent avec leurs gros ventres, que je culpabilise de ne pas pouvoir en faire autant, que les autres collègues n'arrêtent pas de me demander quand est-ce que j'ai prévu de me reproduire... Mais pas de souci Boss, dés que je reviens de congé mat', je m'y remets, au taquet !"

Je caricature, une fois n'est pas coutume. Sachant que 75% des boss français sont des hommes, nous les nanas, on a intérêt à manoeuvrer tranquille pour éviter les représailles professionnelles. Oh je vous ai vu, vous avez tordu le nez... Vous pensez encore qu'homme et femme sont égaux dans l'entreprise ? Que son année de PMA et son congé mat' ne vont pas la freiner dans son évolution professionnelle, ou gangréner ses prochaines négociations de salaire ? Le monde du travail ce n'est pas le paradis des Bisounours. Demandez autour de vous... Je ne mentionne même pas les commentaires sexistes que j'ai pu entendre à la machine à café alors que ces messieurs (voire même des femmes) apprennent la naissance du bébé de telle collègue. J'ai des exemples hyper violents en stock...

Une ancienne collègue avait prévenue son boss sympa qu'elle attaquait le parcours de PMA. Il était lui même jeune papa et l'avait soutenu.

Combien sont-ils dans ce cas ? C'est un premier pas, c'est sûr. Mais le plus grand pas ne serait-il pas de commencer à comprendre, pour toute la société, que le travail n'est un outil pour vivre ce qui se passe à la maison ? (Vous avez 3 heures... Et on a le droit d'en débattre, les commentaires sont là pour cela).

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