Fais dodo...

Pas d'article en début de semaine. La faute à la grippe et à la double otite de mon fils. Le deuxième diabolo est tombé, entraînant dans sa chute une réaction bien connue : l'otite. Il a donc eu de la fièvre tout le week end, est passé sous antibio lundi à la première heure et depuis on attend. On va voir avec l'ORL comment on prend les choses mais à priori, comme l'hiver et sa ribambelle de microbes vont s'arrêter sous peu, on ne fera rien. Si par contre à l'automne prochain, tout recommence, on envisagera un nouvelle opération avec des diabolos dedans !

C'est pas drôle, on a pas envie MAIS on a passé 1 an presque tranquille et on aimerait bien que ça recommence.

Mardi, c'est moi qui me réveille avec 39,5 de fièvre et une angine option "GROS POINTS BLANCS". Antibio aussi depuis, et résidus de toux + grosses douleurs.

Mais là, ce n'est rien.

Cela fait quelques temps que le sommeil est devenu un problème avec notre Joufflu. Et ça va crescendo.

Il a fait ses nuits tôt (4 mois) alors que tous nous prédisaient de grosses emmerdes rapport à l'hospitalisation, le sommeil mal mis en place... On se sentait chanceux. Depuis quelques semaines, c'est la cata avec, en point d'orgue, des nuits comme celles que l'on vient de passer. On a dormi 2 heures. Il a commencé à pleurer vers 23 h après s'être endormi comme un bébé à 20 h. On a câliné, expliqué, quitté sa chambre, crié et finalement pris dans notre lit à 4h30 du mat'.

Il hurle entre chagrin et caprice. Ca varie.

Parfois chagrin "câlin Maman" avec de gros sanglots. On se lève, on va le rassurer, on lui dit qu'on est juste à côté, qu'on a besoin de faire dodo, lui aussi, qu'il a ses doudous, qu'il n'est pas tout seul. A peine nous sent-il sortir de sa chambre que les hurlements reprennent. Et là, ça monte et ça peut durer un sacré moment. Généralement, avant de se fâcher, on chiale comme 2 cons de le laisser pleurer alors qu'il nous supplie de venir. Je fais immanquablement une montée de lait carabinée (ne pas chercher, ça fonctionne toujours). Et puis, soudain, la colère te prend et tu fonces dans sa chambre, hyper fâché. Et là, on est nuls. On fait de tout cela une zone de combat, on est dans un rapport de force.

Comment lui faire comprendre qu'il a besoin de dormir pour grandir ? Que nous, on a besoin de se reposer pour bien s'occuper de lui la journée ? Que c'est comme ça, et qu'on ne veut pas qu'il dorme dans notre lit, même si on finit par céder après 4 heures de cris ?

Je lis plein de choses sur le web. Pas de contact physique. juste lui dire "Dodo Samuel" jusqu'à ce qu'il tombe de fatigue. Ne pas lui faire de câlin. Le laisser s'endormir seul...

Joufflu a toujours eu beaucoup besoin des bras. Est-ce que c'est lié à sa naissance, ou au sentiment d'abandon qui est survenu juste après, alors que nous n'avons pas pu le prendre pendant 5 jours (en même temps il était dans le coma..) ? De quoi sa mémoire de nouveau-né a-t-elle peur quand on le quitte ? Il ne pleure pas quand je le laisse à la crèche. Je sais aussi qu'à la crèche justement, une des puéricultrices doit rester à côté de lui pour qu'il s'endorme lors de la sieste. Il ne se réveille jamais sans larmes. Il pleure toujours...

J'essaie l'homéo, je suis allée chez l'ostéo, on a vu pour la première fois une pédopsy sympa qui pense que c'est lié à la micro enfance, ces fameux premiers jours dont il ne se serait pas remis. Quand elle a abordé avec lui cette histoire de néonat, il changeait de sujet et devenait colérique. Elle m'a fait remarquer son changement d'attitude, il se fermait. Il ne veut pas en entendre davantage ou en tous cas, ne veut pas qu'on l'aborde...

On va la revoir au bout de 3 semaines. Pour elle, il est très bien dans sa peau, sait qu'il est aimé et en sécurité. Elle le sent "heureux", ce qui est pour nous la plus jolie façon de nous dire qu'on est pas trop nazes...

Et pourtant, je peux vous dire qu'à 2h du matin, je me sentais complètement pourrie comme maman.

Il change de lit le week end prochain. Alors là, cela va être la porte ouverte à toutes les options. Soit il se sent valorisé, grandi et son sommeil évolue, soit on va le recoucher 696 fois au cours de la nuit, parce qu'il va pouvoir déambuler tranquille.

La propreté le travaille aussi... On est au temps des grands changements... Je dois vous faire un aveu : ça me gonfle cette histoire de propreté !!!! On quitte tout, on fait 3 gouttes de pipi dans le pot, on observe, on va jeter dans les toilettes, on tire la chasse et on recommence ! 35 fois dans l'heure. Je sais bien qu'il faut en passer par là, je sais aussi que je vais adorer ne plus payer des fortunes en couches mais sérieux ?! C'est un jeu pour lui, il ne le fait pas pour être grand ou propre. Il le fait parce que c'est rigolo ! Pour moi, ce n'est pas le bon moteur... Il ne veut évidemment pas se rhabiller après, donc on se fâche pour qu'il enfile un slip et un pantalon ou mieux, une couche. On lui court après partout. Quand finalement on l'attrape, il hurle...

Je pense que les 27 / 30 mois, c'est une crise d'ado un peu... C'est épuisant ! Il passe son temps à chercher, à défier. Comme il a besoin de prouver qu'il existe, il remet tout en cause. A table, l'arrêt de chaque activité, le fait de mettre un blouson pour sortir. Tout est conflit. Parfois avec son père, le dimanche soir, on se dit qu'on a passé le week end à se battre avec lui. Certes les limites qu'on impose sont le cadre de sa vie avec les autres. Il y'a des règles en société, en famille, avec les adultes et même avec les autres enfants. Il existe, il a un impérieux besoin de le faire savoir.

Là, j'entends beaucoup parler d'éducation bienveillante, de se faire obéir sans crier... Je suis hyper pour !! Mais sérieux ? Comment on fait ? Parce que là, j'ai 2 h de sommeil dans le cerveau, les antibios dans l'estomac, une embrouille avec son père en pleine nuit parce qu'on est au bout, qu'il hurle dans sa chambre et que finalement, on ne dort pas non plus. Je ne sais plus comment être bienveillante. J'ai retourné les Internets à la recherche de solutions. Encore une fois, il y'a les partisans du "laisser pleurer" que je trouve particulièrement difficile et injuste. Il a quelque chose qui ne va pas, sinon, il dormirait comme il le faisait très bien avant.

Ne pas l'endormir avec un câlin. Mais ça, c'est frustrant pour tout le monde.

Le mettre dans notre lit. Après tout, dans plein de cultures, on dort avec son enfant sous sa case... Mais essayez de dormir avec un asticot qui rigole dans son sommeil. Ce n'est pas réparateur non plus.

Le confier à l'adoption. (JE PLAISANTE !!!)

Expliquer, encore et encore : ON NE FAIT QUE CA ! J'ai répété les mêmes mots 600 fois cette nuit, sans aucun changement.

Débriefer la journée : et là, bien sûr il te répond "oui maman, promis, dodo comme un grand, dans mon lit".

Le chamanisme, le Lexomyl, un bon joint dans sa chambre pour l'apaiser...

Je cherche sans trouver. Et en attendant, on ne dort pas, ni nous ni lui d'ailleurs. On est tous les 3 décalqués, paumés, en colère. Personne n'est satisfait, personne n'est fier de lui...

Pour finir, quand même (et vous allez voir, ça n'aide pas) : cette nuit, alors qu'on l'a posé entre nous hyper fâchés, en lui tournant le dos, on le sentait sangloter de ces longues heures à hurler.

Et puis avant de sombrer de fatigue quelques petits mots : "t'aime Maman, t'aime Papa".

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