Oh my God !

// Non ceci n'est pas un sextoy... Filez lire ça ! //

Faut que je vous dise, je ne crois pas. Je ne crois pas en Dieu...

Direct, je veux aussi vous dire que je suis absolument ouverte et respectueuse des croyances de chacun. Je ne juge pas, je pense que si c'est une bouée de sauvetage pour d'autres, c'est tant mieux. Si cela aide d'autres personnes à se sentir mieux après une perte, ou à construire sa vie dans un certain respect de l'autre, je vote pour.

De mon côté en tous cas, j'aimerai parfois croire que quand on meurt, il y'a quelque chose, que lorsque des personnes qui me sont chères disparaissent, elles ne redeviennent pas poussière mais qu'elles se retrouvent dans un Eden fleuri, gai et joyeux. Cela me ferait hyper plaisir. Mais voilà, au fond de moi, je suis convaincue que tout cela n'existe pas. Que c'est rassurant certainement mais que ce n'est qu'utopie. Je regarde parfois les étoiles ou les nuages en pensant que ma nièce partie trop vite est vers l'un d'eux. Et quand je prends l'avion, j'aime me dire que je m'en rapproche. Je suis folle oui... Mais quand même, je dis aussi, lorsque quelque chose de tragique arrive, que si Dieu existe, il ne laisserait pas faire ça.

Je vais aux mariages religieux de bon coeur, aux baptêmes aussi, aux enterrements non... Mais les églises ne me déplaisent pas. Je visite mosquées et temples, je m'intéresse, je couvre ma tête sans soucis lorsque c'est nécessaire.

Pour moi, ces textes ont été écrits il y'a longtemps par des sages. A une époque où tuer son voisin parce qu'il avait piqué une carotte dans le jardin pouvait s'entendre (j'exagère bien sûr). Donc ce sont plus des métaphores expliquant les grands principes de la vie sur cette planète. On respecte les autres, on ne tue pas, on essaie de mener une vie calme et besogneuse... Le Graal, c'est qu'à la fin, comme on a été un bon petit humain, on gagne sa place quelque part où l'herbe est plus verte, la nourriture plus abondante, le soleil plus chaud. A l'inverse, si on dérape, on se voit condamné à l'Enfer, une éternité de pénibilité, de souffrances. Ca ne donne pas envie. Je pense qu'à l'époque où "les masses" n'avaient aucune éducation, ces préceptes étaient grandement utiles. Comme en plus, ils étaient distribués par des hommes plus sages que la moyenne, érudits et sachant lire, le petit peuple obéissait et tendait à donner le meilleur de lui-même en vue de l'après-vie.

Pourtant, je ne suis pas inculte. Je suis baptisée, j'ai fait ma communion.

Vous allez rire mais j'ai chanté aussi pendant 6 ans dans une chorale d'enfants catholique, dans certaines des plus belles églises de France. Je vous explique :

En 6ème, je suis basculée dans un collège privé (mais pas borné). On est cadrés, mais encouragés et soutenus. Le dérapage est assez mal toléré, mais les activités pullulent. A cette époque, dans cet établissement, le prof de musique est un monsieur très élégant, la cinquantaine, avec une aura folle. En début d'année, passage obligé devant lui pour chanter. S'il considère que c'est pas trop mal, direction la chorale. Me voilà choisie. Ok, bon... Etre à la chorale dans ce collège est envié. On commence à apprendre. A ce moment-là, la chorale compte une soixantaine d'enfants de la sixième à la seconde et 40 musiciens. Hautbois, flûtes, piano, violon...

Cette chorale est connue, je le découvrirais après. 2 enfants s'illustrent. Un garçon qui en est le haute-contre et une soprano qui a 2 ans de plus que moi. Leurs voix sont inoubliables... Cette formation tourne en Europe, fait même des émissions de TV à des heures de grande écoute. Alors que j'en fais partie depuis quelques mois, nous enregistrons un disque. Tout est nouveau. Nous sommes une bande d'amis avant tout... Et c'est là que c'est drôle. On fait tout ensemble, en parallèle des cours... On voyage, on s'amuse, on rit énormément. Les gens de cet ensemble vont devenir mes meilleurs amis pendant ces années, et encore aujourd'hui, lorsque l'on se croise, c'est une ribambelle de souvenirs qui déferle.

Le paradoxe c'est qu'on fait de très très beaux concerts, de ceux qui font pleurer les accros à la musique lyrique. On chante en anglais, en allemand, en latin, en hébreu...

On entre sur scène en aube blanche, ceinture de corde et croix en bois autour du cou. On livre 1h30 de spectacle, on est applaudis. Mais pour nous ce qui compte c'est l'avant et l'après concert. Les trajets en bus, fous rires et bécotages. Les "backstage" dans les sacristies d'habitude si calmes... Les clopes fumées en douce (voire plus...), les virées dans toute la France ou en Europe. Pour vous donner un ordre d'idée, on remplit Fourvière et sa fameuse Messe de Minuit 2 années de suite. 2 à 3000 personnes dans la plus grande basilique de Lyon !

On entend donc tous les psaumes, toutes les évangiles, on est sages. Mais une fois les applaudissements terminés, on quitte le choeur, l'aube et on redevient des ados qui s'amusent ! Ce sont mes plus beaux souvenirs de collège !

J'ai aussi dans ma famille un homme d'église. Il vit depuis plus de 30 ans avec une femme de la famille, dans la même maison. On y entre par 2 entrées distinctes. Il critique Jean Paul II et sa venue en Afrique dans les années 80 alors que lui accompagne jusqu'au bout des malades du Sida, encore incompris. Le Pape arrive et annonce que la capote, c'est mal ! Alors que les missionnaires et autres soignants ou prêtres se battent pour la faire entrer dans les moeurs... Il refuse le retour de la messe en latin qui va encore plus vider les bancs de l'Eglise. Il a des blagues très drôles sur les prêtres ou même des sujets encore plus tabous.

Lorsque nous avons annoncé le prénom de Joufflu, il a tout de suite réouvert l'Ancien Testament pour nous parler de l'illustre Samuel qui occupe 2 livres.

Tout cela pour vous dire qu'on peut être athée mais pas anti. J'ai un peu voyagé, je connais bien la Tunisie, j'ai côtoyé des musulmans là-bas qui s'allongeaient 5 fois par jour au son du chant du muezzin et respectaient le Ramadan.

La religion juive est plus obscure. Je ne l'ai pas "vue". J'ai un Ganesh sur ma cheminée ramené d'Inde. Là aussi, j'ai assisté à des pujas, bu l'eau de Santal qui coulait des statues, assisté à des processions dans des temples mythiques, aux côtés de foules croyantes.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce que je viens de finir un livre génial... A propos des Témoins de Jéhovah (entre autres).

L'intérêt de l'enfant, de Ian McEwan. Il s'agit d'une juge anglaise appelée à trancher sur la nécessité de transfuser un ado qui refuse. Il va mourir, il le sait. Il a 17 ans et 9 mois. 3 mois plus tard, on aurait respecté sa décision mais l'hôpital refuse de le laisser mourir pour "si peu" et saisit la juge. En parallèle de son histoire personnelle, la juge se doit d'entendre les 2 parties et prendre une décision "dans l'intérêt de l'enfant". On entre alors dans les différentes facettes de ces textes. Les témoins de Jéhovah sont une frange du catholicisme qui se considère comme élue et qui sera sauvée lorsque la fin de la Terre interviendra. Pour cela, il s'agit, entre autres, de refuser le sang d'un autre... Parfois considérée comme une secte, je ne connais pas assez ce monde pour en parler convenablement.

Mais il se trouve que mon nom à consonance portugaise les attire ! Régulièrement, ma porte est le theatre de conversations improbables avec des porteurs de cette "parole". Visiblement, les portugais font partie de leur groupe et tout nouvel arrivant est le bienvenu. Je crois savoir qu'une partie des revenus des familles sont reversés à la congrégation.

La semaine dernière alors que je lis ce livre et que je poireaute dans la salle d'attente de la doc pour une angine carabinée, 2 femmes m'interpellent. Elles sont témoins de Jéhovah et me demandent ce que je connais de la Bible. Poliment, alors que j'ai remarqué le nom inscrit sur leurs carnets et que je les ai vaguement écoutées papoter, je leur dit que le peu que j'en connais me suffit. Elles me demandent pourquoi je suis aussi sèche. Je ne pensais pas l'avoir été... Je leur dit donc que je pense que ma conception de l'église et de la religion ne va pas les intéresser... "Dieu aime tout le monde vous savez Madame. Même si vous ne croyez pas en lui, et même si c'est dommage, il vous aime et veille sur vous. Vous avez des enfants ?". Oui et justement ! Mon enfant a eu besoin de soins médicaux très rapidement après sa naissance. Mon enfant n'a pas eu besoin de transfusions mais s'il avait fallu, j'aurai moi-même donné tout ce que j'avais dans les veines pour le sauver. Je ne m'emporte pas, j'explique.

"Ca c'est une épreuve envoyée par Dieu...". Bon là, je les coupe. Non je ne veux pas parler de cela avec des gens qui sont trop à fond dans leur truc. Ma nounou quand j'étais toute petite était témoin de Jéhovah. Ma mère l'a découvert quand je suis rentrée un jour, à 3 ans, en lui disant qu'on disait la prière avant de manger chez nounou. Et peu importe, elle était géniale. Aujourd'hui je sais juste que je n'aime pas les extrêmes... J'ai travaillé quelques temps dans le même bureau qu'une collègue copte (une frange de l'orthodoxie, principalement basée en orient, brimée et hyper respectueuse de certains préceptes religieux comme un carême régulier, des fêtes très importantes tout au long de l'année, pas de cadeaux pour Noël). On s'entendait bien, on philosophait parfois sur l'avenir incertain des "Chrétiens d'Orient" et on est toujours en contact.

Je ne vois pas l'intérêt d'expliquer mon point de vue aux gens bornés, vissés sur leurs croyances et rejetant les autres. En Inde on croit en un aigle ou un veau. On bénit pendant des heures des statuettes de 20 cm de haut, en nourrissant les Sadhus et brahmanes alors que la foule crève de faim. C'est dur, mais je respecte.

Lorsque Sam était hospitalisé, d'autres ont prié pour lui. Un papa musulman dont le fils était dans la couveuse à côté bénissait mon fils régulièrement pour le protéger. Les mamans africaines revenant du culte me disaient que le "Seigneur Jésus, dans sa grande miséricorde" bénissait mon fils. Très bien, je prends les bonnes ondes. Les bougies d'espoir, les prières silencieuses, les conseils théologiques... Ce que j'attends des autres, c'est que mon nom de famille ne soit pas une invitation à venir me parler de la Tour de Garde.

Ah et au fait, mon fils va en maternelle dans le même établissement catholique que celui dont j'ai été l'élève il y'a fort longtemps... Sans être baptisé !

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