Je viens d'avoir 33 ans... L'âge du Christ il parait. Pas très envie de me retrouver crucifiée sur la place publique mais si on peut choisir, je prends le pouvoir de changer l'eau en vin...

En dehors de ça, je trouve toujours que les anniversaires, cela ne change pas grand chose. On ne se réveille pas changée du tout au tout, ni trop triste, ni euphorique. Les cadeaux, les gens qu'on aime, la bonne bouffe c'est bien. Mais sinon, je ne le vis jamais mal.

Ces derniers temps, je ne vous ai pas beaucoup parlé de MOI. De mon MOI dans mon corps en tous cas.

Ma tête ne va pas mal, malgré le fait que mon stage à FoufouLand me pompe une énergie folle et me fait ramener des choses pas toujours drôles chez moi. Pourtant, mes tutrices sont contentes de moi, je n'ai eu aucune remarque négative, on me laisse bosser en autonomie.

Cet âge qui avance, et que certains redoutent, dans ce cas là c'est plutôt une force. Comme ma frimousse ne fait pas "jeunette", on oublie que je suis stagiaire (il faut parfois que je le rappelle) mais au moins, on me confie des choses, on m'intègre aux réunions, on m'écoute. L'équipe compte sur moi, je ne suis pas là à me tourner les pouces dans un coin. Et ça c'est chouette !

Il faut bien l'admettre, même si pendant longtemps, j'ai fait plus jeune que mon âge, aujourd'hui c'est fini. Mes cheveux blancs en pagaille le confirment.

A ce propos, j'ai décidé il y'a un moment déjà que j'en avais RAF (Rien à F...). Ils sont blancs, de plus en plus nombreux. Mais tant pis, en dehors d'un balayage qui va les masquer un peu de temps en temps, ils vont rester. Primo, le coiffeur c'est beaucoup trop cher et contraignant (vu la dose et le fait que ça ne va pas s'arranger, j'ai pas fini...) et secundo, il faut accepter. Un auto-mantra que j'ai toujours plus ou moins accepter. Là, je vais l'appliquer à ma crinière qui va virer poivre et sel. Je ne rajeunis pas, j'ai des grains de beauté (de plus en plus) et des cheveux blancs (pas mieux). Tant pis, tant mieux : zobi !

L'autre truc à propos de mon petit corps de fée, c'est le poids. Alors là, malgré le fait que j'ai écrit cela il y'a quelques temps, j'apprécie de le voir changer. Je m'explique.

Avant d'être enceinte de mon fils, j'étais montée très haut ! Genre à 3 chiffres et dans un genre de compensation physique de ce qui n'intervenait pas biologiquement. Je rêvais de ce bébé, il se faisait attendre donc mon corps a décidé qu'il allait grossir quand même. Je pense que le boulot n'y était pas pour rien non plus hein... Je ne me cache pas derrière mon petit doigt.

Et puis, quand le Joufflu s'est installé, il a ramené le vomito dans sa sacoche, tendance Kate Middleton. Et puis le souci de ce bébé étrange, malade. Au lendemain de l'accouchement, j'avais perdu 18 kg depuis le début de la grossesse.

Déjà, c'était un chouette régime. Et puis ça a stagné. J'ai travaillé encore 2 ans, bof bof. Je suis restée à peu près pareille. C'était un peu mieux mais pas Byzance.

Et puis ma décision de changer de carrière à pris le dessus. Etrangement, même en passant 9 mois chez moi entre le début de mon chômage, les concours et la rentrée, je n'ai pas repris de poids. Pas de grignotage, moins de fringales. La perspective de cette nouvelle vie me faisait déjà me sentir plus légère. Petit à petit, les pantalons deviennent trop grands. Tout devient trop large. Les vendeuses m'engueulent parce que je ne prends pas les bonnes tailles. Plus rien ne me va. J'hésite et je commence à acheter la taille d'en dessous. L'avantage, c'est que comme j'ai moins de moyens, j'achète moins. Mais il faut quand même reconnaître qu'au bout d'un certain temps, il faut renouveler sa garde robe quand on flotte dans tout, mes copines me le font remarquer systématiquement. Moi j'ai tendance à penser qu'on est toujours poli avec une nana qui est toute ronde. En fait, mes copines ont vu ce que je ne voulais pas me dire.

Je ne me pèse jamais. Le dernier poids que je me connaissais était celui du 10 décembre 2013, lendemain d'accouchement.

La semaine dernière, en psychiatrie, je suis seule dans l'office infirmier et je contemple la balance. Pendant 10 minutes j'hésite. Je monte finalement dessus et je reste figée.

Asseyez-vous ! Je vous jure que je ne suis aucun régime et que je ne fais pas de sport (en dehors de courir après des patients et de rester debout 7h par jour...). J'ai perdu 40 kilos en tout. 40 kilos depuis avant ma grossesse, cette période de ma vie où j'ai tant pleuré que rien ne marche. 40 kilos... En buvant l'apéro, en volant les chocolats de Pâques de mon fils et en se resservant du gâteau d'anniversaire.

Partie comme j'étais, j'ai donc calculé mon IMC. J'étais rentrée dans "obésité morbide" à un moment... Ca m'avait fait un de ces chocs... Aujourd'hui je suis à peine à un point au dessus du "normal'.

Attention, je ne suis pas en train de dire qu'une bonne hygiène de vie n'est pas la clé. Je pense d'ailleurs que si je veux continuer sur ce chemin, il va falloir se remuer les miches dans une salle de sport ou à la piscine et manger mieux. En revanche je suis convaincue que le mieux dans la tête est incontestablement à prendre en compte dans cette baisse phénoménale.

Je vais donc passer l'été en robe. Même si je me suis fait des petits cadeaux et que maintenant je peux rentrer chez Kookaï (mais c'est beaucoup trop cher !). Je suis de retour au rayon normal de Kiabi (j'adore les collections en ce moment), je rachète de la lingerie dans des magasins de chaînes (ah bah oui mauvaise nouvelle... Quand on fond, les nichons partent en premier...). Mais je suis revenue à une normalité soutifesque et culotesque qui fait plaisir. J'achète peu, je pense (j'espère...) que ce n'est pas fini et que je vais encore maigrir un peu. J'achète au jour le jour. Il fait beau = des jupes et des robes. J'ai vendu ou donné des quantités astronomiques de fringues grandes tailles.

Le seul point noir, c'est la fermeté... Moins 40 kilos et la peau pendouille un peu. Là aussi, sans sport, c'est cuit. Et comme je n'ai pas oublié que je viens du marketing, je vais éviter de me tartiner des crèmes censées faire fondre ou raffermir.

Voilà, j'ai fait le tour de mon nouveau Moi. J'ai donc des cheveux blancs, des rides et des vêtements encore parfois trop grands. Mais je fais des efforts... 

Retour à l'accueil