A tâtons.

20 jours de vie commune à la maison... 20 jours à tâtonner, à essayer, à s'extasier, à en pleurer...

Notre petit loulou a de bonnes grosses difficultés à garder ce qu'il mange et donc à prendre du poids...

Nous avons eu Rdv avec le chirurgien la semaine dernière, remonté comme un coucou contre les pédiatres de la neonat (ses collègues). Pas les bonnes doses de médicaments, une prise de poids ridiculement faible... Il était pas content !

Alors une bonne fois pour toutes, moi je veux bien faire ce qu'on me dit au pied de la lettre, mais je n'ai pas fait médecine. Et comme je suis bien élevée en plus, je respecte scrupuleusement les diktats des ordonnances rédigées par les pros.

Il se trouve juste qu'entre eux, ils ne sont pas forcément d'accord... Alors nous, on fait quoi ? On regarde sur internet ?? Mauvaise idée... J'improvise ? Non plus... J'ai donc opté pour le mode "harcèlement". A la moindre question désormais, je vais dégainer le téléphone et appeler !

A part ça ? Oh bah les nuits ne sont pas top, les jours ça dépend... On nettoie beaucoup de lait régurgité, on berce des heures.

Comme prévu, ces quelques semaines d'hôpital ont laissé des traces qui sont difficiles à effacer... Il a "besoin de bras", comme on dit. Mauvaise habitude ? Qu'à cela ne tienne.

Je ne suis pas convaincue qu'un bébé de 7 semaines soit capricieux ou conscient de trop nous en demander. Il est dans "le besoin" et nous y répondons.

Petit aparté, je m'apprête à faire une comparaison taboue (sortez les cailloux !).
Le nourrisson qui roupille à côté de moi n'est qu'un tout petit mammifère (ça y'est vous voyez où je veux en venir ? Ma lapidation peut commencer...).

Comme tout autre petit animal, il fonctionne pour l'instant sur le mode "instinct" : manger, dormir, sécurité.

Et c'est tout !!! Pas d'échange (ou très peu), pas de conscience (je suis lui, il est moi, on est 1), pas de caprices ou de désir autre.

A ceux qui pensent qu'il "pleure beaucoup", je réponds que oui, c'est vrai, il pleure beaucoup. Ne croyez pas que je kiffe ma race... Au bout de quelques heures, on en bave, vous êtes rentrés chez vous et nous, on l'a toujours, hurlant, dans les bras.

Moi qui aime tant le contrôle, cette "humanité" qui nous caractérise, cette communication qui nous est propre, il m'est très difficile de retrouver une "bestialité" qui est innée certes, mais bridée depuis longtemps.

Et cela est accentué par le fait que cet enfant, à la recherche de sa "nature" se prend dans la figure la médecine humaine et son expertise via médocs, palpations, examens...

Vous l'aurez compris, je ne suis pas très dispo en ce moment. On se cherche encore un fonctionnement qui pourrait nous convenir à tous. Pour lui la réponse la plus rapide possible à ses demandes et pour nous, le plaisir d'y répondre (par opposition à une mécanique fatigante et répétitive, même pas entrecoupée de sommeil).

Vous avez eu des enfants "faciles"? Savourez votre bonheur... Et croisez les doigts pour ne jamais connaître l'"autre côté"...

Comme je vois que vous êtes à deux doigts de téléphoner à l'assistance publique ou au psy le plus proche, j'ajouterai que j'adore ce bébé ! Il est magnifique, dés qu'il me regarde dans les yeux je fonds, si il pleure, mon ventre se tord en même temps que lui, j'aime l'observer, le caresser, le sentir ! Cet amour que j'attendais depuis sa naissance (oui, j'ai lu Badinter et je n'ai pas eu la "vague d'amour indéfectible" dés qu'on me l'a mis sur le ventre). Elle est venue progressivement, petit à petit, comme avec n'importe quel autre humain que j'ai aimé. C'est imparfait, c'est douloureux et tellement bon !

Alors j'y retourne, remettre mon nez dans son cou alors qu'il gigote pour se réveiller et réclamer à nouveau un biberon. Qui va l'apaiser d'abord, puis qui va le brasser, le tordre, jusqu'à ce qu'une partie de la ration rejoigne un bavoir, ou plus souvent nos fringues... Avant de s'apaiser à nouveau, de s'endormir contre moi et de recommencer dans 3 h...

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