Comme un garçon... Spermogramme et test de Huner !

Bonjour,

Comme promis, voici mes recherches sur l'infertilité masculine. En préambule, il faut que je vous précise que les causes de cette autre merdouille sont assez peu claires et surtout que les traitements sont complexes et souvent longs. J'ai passé beaucoup de temps à lire de trèèèèèès nombreux articles et donc c'est la synthèse la plus simplifiée que je pouvais vous faire. Pour les pros, ne soyez pas étonnés si telle ou telle notion pointue n'est pas abordée...

Mais pour commencer, revenons aux fondamentaux.

(Si vous avez un gâteau à portée de bouche, posez-le ou lisez avant.)

Comment ça marche un homme ?

Un homme (on va partir du postulat qu'il est normalement constitué) est doté d'un pénis et de 2 testicules (c'est la partie émergée de l'iceberg ça).

Cachés dans son abdomen, on retrouve la vessie, la prostate et tout le reste (je vous passe les détails.)

Toutes les 48 h, les testicules contenant chacun une bourse remplie de liquide séminal chargé en spermatozoïdes recrée l'intégralité de son contenu. En clair, tous les 2 jours, une population de plusieurs dizaines de millions de têtards tout neufs s'incruste et remplace les morts !

La prostate est une glande, c'est elle qui produit le liquide blanchâtre (ne jouez pas les prudes, je suis sûre que vous avez déjà vu le loup !) qui sert de transporteur aux petits têtards lors de l’éjaculation.

Côté hormones, ils sont aussi des usines à gaz... En force, la testostérone. Le mâle velu et colérique en déborde. C'est l'hormone du gêne Y par excellence ! Elle est secrétée par le cerveau et régulée par la thyroïde et les glandes du système reproducteur.

Comment examine-t-on les spermatozoïdes ?

Comme évoqué dans un billet antérieur, il n'y a que 2 examens praticables.

Le premier c'est le spermogramme. On se la refait pour ceux du fond.

Pour un spermogramme, on va à l'hôpital, on éjacule dans un récipient (par masturbation manuelle obligatoirement) et cet "éjaculat" est analysé dés la remise au chercheur et plusieurs fois dans les 48h qui suivent le recueil. Autant être clair, c'est pas glamour, c'est pas romantique, c'est aussi parfois difficile de convaincre l'homme de s'y rendre mais rassurez-vous, ça ne fait pas mal, on fournit magazines, VOD et tout ce qu'il faut... C'est quand même pas la mer à boire ! On désinfecte la zone, et hop, au boulot... Quand on se sent prêt on vise le petit pot et on a fini. Dans certains hôpitaux, madame peut même filer un coup de mains (sous réserve qu'elles soient propres, et sans s'aider de sa bouche). Je vous prie de ne pas prendre un air choqué, on est pas là pour jouer aux dominos !

(1 minute de silence s'impose alors pour penser à ce job ingrat de biologiste dans ce genre de service...)

Ensuite il y'a Huner... Ahhh, ça fait scientifique ça ! A consonance allemande en plus, la classe !

En fait...... non ! Le test de Huner est aussi connu sous le nom de test Post-Coïtal... Voilà, vous avez compris ??? Non ?

Décodé en clair, ça veut dire que tu as un rapport sexuel avec éjaculation (bah oui, c'est un peu nécessaire) et qu'ensuite, encore "chaude" (oui c'est cracra mais je savais pas comment le formuler), tu vas montrer à un spécialiste (type gynéco) ton entrejambe. Alors là, on sombre dans le côté obscur du glamour et de la féminité ! Notons que, une fois encore, c'est madame qui se cogne la joie d'aller exposer son intimité à des médecins. Là, ces gentils docteurs vont "observer" comment la glaire cervicale de la dame aide ou repousse le sperme frétillant de son cher et tendre. Comment vous dire qu'à l'occasion de cet examen, tu as encore intérêt à t'y connaître en dissociation et à sortir de ton corps rapido...

(1 nouvelle minute de silence siouplé pour les gentils gynécos qui mettent les yeux dans les vagins tout... humides... des dames. On ne vomit pas s'il vous plait !)

Tout ça pour vous dire que les tests, c'est un peu la classe quand tu rentres dans ce processus...

Donc vous l'aurez compris, on a fait les tests de Monsieur. Voici donc les différents résultats que l'on peut y lire :

STOP !!!! Quelques chiffres (oui, c'était violent mais le rappel est nécessaire pour comprendre...) :

- 15 à 25 % des couples vont consulter pour ce type de problèmes (et c'est un chiffre qui ne cesse d'augmenter) (--> difficulté = + d'un an d'essais naturels)

- Parmi eux, 1/4 des problèmes sont d'origine masculine


Voici un résultat "normal" de spermogramme (bon appétit !) :

2 à 5 ml d'éjaculât (environ 10 à 15 gouttes)
50 à 180 millions de spermatozoïdes/ml (un génocide à chaque fois ;-));
Leur mobilité décroit avec le temps (ça se fatigue vite ces petites choses) 80 % à l'émission - 60 % après 4 heures ;
60 à 80 % de formes normales = Et oui ! Il y'a beaucoup de spécimens étranges 
un PH situé entre 7,6 et 8,2
Fructose : > 1 g/l.


On peut reprendre à présent :

Azoospermie : Bon là, c'est pas top... En clair, 0 spermatozoïde dans le sperme...

Oligospermie : Il y en a quelques-uns mais pas beaucoup (en dessous de 30 millions /ml)

Asthénospermie : Ils sont un peu "mollassons" (- de 40% d'entre eux sont mobiles "comme il faut")

Tératospermie : Ils ont des formes anormales (le hic c'est qu'ils sont donc moins résistants / moins débrouillards (sans flagelle par exemple) / pas en très bonne santé quoi qu'il en soit)

Les causes ??? Elles sont hyper nombreuses et pas forcément identifiables... C'est toute la complexité du problème...

La génétique passe en premier. Et oui, cela peut dater de la naissance. On retrouve donc les marqueurs génétiques (comme un double X avec le Y) dans le caryotype (une analyse de l'ADN). Mon fils avec son situs inversus qui est un problème de cils (j'explique ici) aura peut être des soucis de fertilité. Les flagelles de ses spermatozoïdes (qui sont des cils), s'ils sont malformés ou absents, l'empêcheront de concevoir naturellement. Peut être que dans 25 ans, les médecins auront découvert des méthodes encore plus faciles de l'aider (pour l'instant ce serait l'insémination ou la FIV).

La maladie : un homme qui a subi une chimiothérapie ou un traitement très lourd peut se voir confronté à ce problème. On sait que certaines molécules radioactives injectés dans le cadre d'un protocole lourd peut zigouiller le système. En général, on fait une congélation avant le début du traitement.

Les mauvaises idées... Le cannabis est aujourd'hui pointé du doigts par les autorités... Ses effets sur les spermatozoïdes sont désastreux ! Et ça n'y va pas de main morte, azoospermie dans la plupart des cas !

Et puis... N'oublions pas que c'est très fragile ces petites bêtes ! Le tabac, l'alcool sont aussi des facteurs.

Enfin sachez que des bains qui seraient trop chauds, c'est aussi déconseillé. Cette zone là ne supporte pas les changements (un jean trop serré, de l'eau trop chaude, la macération dans un bain...). On conseille également les caleçons plutôt que les sous-vêtements près du corps...

Enfin donc, vous l'aurez compris, c'est FRA-GILE ! La bonne nouvelle c'est qu'un spermogramme "mauvais" peut apparaître tout à fait normal 2 mois après (un coup de fièvre et bim ! C'est toute la population de têtards qui décède !).

On a un couple d'amis qui a des soucis de fertilité. Lui est touché (beaucoup de comportements à risque depuis longtemps). Aujourd'hui, il est bien bien infertile (je n'arrive pas à écrire stérile mais on en est pas loin). Et elle ça la gonfle. Je la comprends, je ne juge pas. C'est lui qui s'est mis dans cette situation mais, en cas de traitement, c'est elle qui devra se shooter et vivre les magnifiques effets secondaires de la PMA. Dans sa famille à lui, plutôt à la campagne, c'est le tabou total. Oui il a fait des bêtises (je suis gentille) mais on a du mal à envisager la stérilité masculine quand même et l'"impuissance" sous entendue (bien que fausse).

J'ai l'habitude de dire que pour les femmes c'est une "incapacité" (on est pas "capables" de faire un bébé) alors que les hommes c'est forcément très attaché à la "puissance" qui passe par le sexe et donc le pouvoir de procréer. C'est très ancré dans notre société et toutes les sociétés machistes (donc toutes les sociétés en fait) alors que c'est principalement la santé de l'individu qui est remise en cause et non son genre ou son phallus.

Les traitements...

Vaste champ de bataille. On sait que les solutions pour les femmes sont vraiment très nombreuses... Pour les hommes, il s'agit plus de doper des chiffres un peu faiblards. Le souci, c'est que si l'azoospermie est avérée, c'est très difficile d'en créer (multiplier 0 par 1256 = ça fait toujours 0 !).

Et ça c'est dur ! Parce qu'on peut jouer là aussi sur les hormones pour densifier la population, améliorer leur mobilité (c'est difficile quand même) ou injecter des traitements hormonaux (en cas de prolactine par exemple) directement dans les "bourses" (je vous vois vous recroqueviller messieurs...), on ne sait pas modifier le génome humain et si l'anomalie est d'origine génétique, on ne sait pas rétablir le bon fonctionnement du système...

Le don de sperme est régulièrement l'issue finale proposée par les médecins. Mais là on rentre dans une toute autre difficulté : celle de l'acceptation ! C'est propre à chacun, ça va de paire avec ses valeurs, sa masculinité et le deuil d'un enfant "de soi". Chaque homme est différent certes, mais je pense ne pas me tromper en vous disant que chacun d'eux est touché dans sa fonction de mâle lorsqu'on aborde ce genre de questions...

Et là je ne me moque pas, vraiment pas ! Parce que personnellement, on a connu le spermogramme. Mais j'ai découvert ma grossesse 1 semaine avant Huner (ouf !). Le spermogramme, je n'ai que le témoignage de mon homme. Pas glamour, pas chic, pas envie mais... Vite fait bien fait ! Ça lui a pris 3 minutes alors que d'autres mecs ont besoin de la TV, des magazines... Il s'en est débarrassé rapido et était content de ne pas avoir à y retourner ! Finalement aujourd'hui il en parle sans tabou. Notamment à des potes qui doivent y aller. Il lit ce blog (coucou chéri !!) et sait que je détaille pas mal notre parcours. Je sais que ça ne va pas le traumatiser de voir que je parle de son cas et de cet examen que les hommes ont parfois du mal à accepter. Il fallait y aller, il l'a fait, il était content de lire que tout allait bien et voilà !

Bon voilà ! J'espère que vous êtes arrivés au bout sans trop de difficultés. J'ai mis le temps, il est long cet article et il nécessitait un minimum de préparation !!! A bientôt.

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