Le grand jour...

Comment commencer... Vous l'avez compris, j'ai été... absente ! Notre petit chaton est né lundi 9 en fin de journée. Je vais vous en raconter un maximum possible.
Certainement d'abord les faits, le déroulé des étapes de cette journée si particulière.

J'ajouterai les ressentis dés que moi-même j'aurai réussi à y mettre de l'ordre et à réguler un peu le flot qui me parcourt sans arrêt depuis.

Par avance pardon pour les approximations, j'étais un peu prise pour noter le tout de manière exhaustive !

Dimanche, c'est le 8 décembre (les non-lyonnais désolée...). 5 semaines que je me tiens tranquille, 13 jours avant le terme de ma grossesse. La journée passe.

Minuit, je ne dors pas. J'ai mal aux reins. Mon amoureux lui vient de s'endormir. J'ai envie d'aller aux toilettes toutes les 15 minutes. Une sensation étrange. Je me relève encore une fois, toilettes et là, un peu de sang.

Merde, c'est un des signes qu'il faut montrer à l'hôpital. J'attends 30 minutes, re belote. Je réveille mon amoureux. Ok, il ne conduit pas, donc j'appelle ma maman. Elle monte nous chercher en voiture, direction Lyon. Des douleurs pas forcément régulières mais bien sur les reins. On arrive à l'hôpital, il y'a peu de monde, il est 2h du matin.

On explique tout, puis toucher, puis coton pour voir ce qui coule. 10 minutes plus tard, on sait que c'est du liquide amniotique, mais incapable de savoir depuis combien de temps. Antibiotiques donc et on commence à observer le col, toujours un tantinet entrouvert, un peu effacé, mais pas folichon. Dans tous les cas, je reste.

On ne plaisante pas quand la poche a fissuré.

On nous installe en chambre de pré-travail. Jusqu'à 6h environ. Là, les perfs sont posées et on recontrôle régulièrement. A 6h, je suis à 3. On nous dit que la méga poche des eaux gêne le travail qui a du mal à s'enclencher. On va donc la percer. Honnêtement à ce stade, le travail se lance donc les douleurs sont là.

Mais ce n'est rien face à la poche des eaux qu'on doit rompre. Je crois que je n'ai jamais ressenti une telle douleur ! Comme elle est haute, la sage-femme seule n'y arrive pas. Elle va donc chercher une collègue qui appuie sur le haut de mon ventre pour que l'autre, munie de sa tige coupante puisse l'atteindre. Les larmes jaillissent de mes yeux. Ce sont les 2 minutes de torture les pires de ma vie !

Une fois que les sages-femmes ont pris une douche (une vraie qui ne va pas s'arrêter de la journée, j'ai changé de matelas je ne sais même plus combien de fois, malgré les alèses, et le sol a été nettoyé au moins 6 fois), il faut enclencher l'ocytocyne (le booster de contractions).

Mais qui dit contractions forcées, dit aussi péridurale parce que le cerveau ne contrôle plus les contractions, elles sont donc plus douloureuses. La péri est posée, ça fonctionne très bien... Mais que à droite !!!

On tente donc des positions. Enfin 2h plus tard, mes 2 jambes sont tranquillisées. Mon col n'est alors qu'à 3,5 / 4. Il faut augmenter le débit ! Allons-y !

Je contracte toujours très fort et toujours dans les reins. En 2h je passe de 4 à 8 d'ouverture. Mais je souffre ! Le col va trop vite, la péri ne suit plus ! Donc on injecte en direct une dose de shoot plus fort ! Ah voilà, ça se calme. Il est 15 ou 16h. Je commence à fatiguer. Plus de 15h de travail ! J'arrive enfin à 10 mais mon bébé est très haut, on augmente encore l'accélérateur ! La péri ne suit à nouveau plus, mais là on m'a passé trop de choses.

Je tourne et retourne dans le lit, une contraction dans les reins toutes les 2 minutes et plus rien pour aider ! 20h, la sage-femme change. Je n'en peux plus. Elle a été briefée que le bébé ne descend pas, que je ne tiens plus, que la douleur est trop forte.

Elle me dit droit dans les yeux, qu'on va tenter quand même ! Que mon fils est trop haut, qu'il est encore dans l'utérus, qu'il a donc beaucoup de chemin à parcourir, que ça va me demander un vrai effort. Qu'on commence ensemble mais que d'autres personnes vont arriver.

Je n'ai pas fait de préparation, elles sont 2, moi allongée et mon amoureux, inquiet. Les champs sont posés. Elle m'explique comment on pousse, sa collègue met une main douce sur mon ventre et me dit de pousser sa main. Ok, go ! Je pousse, une fois.

Et là elle s'affole, vite il faut que l'équipe s'habille. Sa tête est visible. J'aurais poussé 7 fois, en 12 minutes ! Il est 20h15, et mon bébé pleure ! Cordon coupé et le voilà sur mon ventre, plein de son gras tout chaud qui lui a permis d'aller bien.

Contre toute attente, on le laisse sur moi, en enlevant un peu des résidus qu'il a sur lui. Il nous regarde, nous on est déjà ébahis et tellement heureux de cette surprise de pouvoir l'avoir avec nous ! Il est petit (- de 2,5kg malgré le terme et malgré mon énorme ventre). On se galère un peu sur la délivrance, on parle d'un interne qui arrive, qui regarde tout ça, puis elle parle de chirurgien...

Après coup je me dis que je suis passée pas loin d'une fin pourrie mais honnêtement, je n'ai rien entendu. Mon jules avait son fils dans les bras, et moi j'avais décroché. C'est lui qui me l'a raconté après. Je sais juste qu'à un moment, j'ai poussé à la demande de quelqu'un et que tout s'est fait d'un coup !

Le bébé a ensuite été emmené en soins intensifs. Nous le retrouverons 1h15 plus tard, dans son berceau chauffant. Il aura déjà eu une radio, et une sonde pour dans son nez pour aspirer son estomac. Le lendemain, il doit avoir une écho et certainement l'opération. Il est 23h, je suis dans ma chambre et je sombre.

Le lendemain, l'échographie est faite et sa chirurgie est prévue pour le milieu d'aprem.

Je vous détaillerai tout cela, promis. Sachez juste que tout s'est bien passé et que 24h après, il est comme prévu intubé sous morphine en réanimation néonatale. Ses constantes sont bonnes. Il est maintenu sous sédatif pour ne pas souffrir.

Chaque heure est pleine de son lot de nouvelles.

De mon côté, je tente de me reposer, de ne pas tout prendre dans la figure mais ce n'est pas simple. Je vis chaque instant de façon plus ou moins pénible, entre la douleur des suites de couches, la lactation qui doit s'établir et les émotions complément bordéliques qui se mélangent.

La journée file à toute vitesse, et seuls comptent les instants passés auprès de lui. Le temps va faire son office, mais c'est compliqué. Peu importe, il est là ! A nous de tout faire pour continuer notre chemin et l'accompagner sur le sien, qui commence par un passage délicat.

Aux médecins d'assurer leur fonction, à la science et aux médicaments de pallier à ses douleurs, et à nous de trouver notre place, notre rôle et de se découvrir malgré tout.

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