Le grand saut !

Depuis 2002, je bosse dans le monde merveilleux de la comm !

Je ne sais pas ce que vous mettez derrière ce secteur mais moi, j'adorais l'idée.

De 2002 à 2006, j'ai suivi les cours d'une école privée, alternant stages de longue durée et cours. J'ai eu une chance folle car, en fin de première année, j'ai intégré une des rares agences lyonnaises indépendantes qui montait !

Ce fut aussi mon premier job après le diplôme.

J'ai créé ma société qui m'a permis de vivre 3 ans, en parallèle d'un job salarié. J'ai bossé dans une association de gauche, des mairies ou institutions de droite, dans des agences, en entreprise... Des petites et des grosses ! En anglais et en français.

Mon métier consistait à entretenir l'image des marques que j'avais dans mon "portefeuille". Que ce soit par des événements, des relations presse (faire écrire des articles aux journalistes), des projets divers et variés.

C'est comme ça que :

- j'ai eu Djibril Cissé en caleçon dans mon bureau

- j'ai travaillé sur un tournage de Jean-Pierre Mocky

- j'ai mangé du Nutella avec Mac Lessgy

- j'ai acheté une bague Chopard pour fêter ma première année d'exercice à mon compte

- j'ai assisté à des braquages en direct dans des entrepôts de livraison

- je suis allée en prison

- j'ai déjeuné chez une championne olympique, qui m'a prêté sa médaille d'or 3 minutes

- j'ai eu Pierre Arditi au téléphone (graou)

- j'ai mangé dans des restos fous, en très bonne compagnie

- j'ai fait des milliards de choses extraordinaires, j'ai croisé des gens formidables, j'ai ri à en pleurer avec ceux qui sont aujourd'hui mes amis les plus proches...

Et puis... J'ai enchaîné les CDD, les patrons grincheux ou à l'ego surdimensionné. Ceux qui te font bosser comme une dingue en te promettant la lune (ou un CDI au moins) et qui en réalité t'enfument.

J'ai vu un paquet de mes collègues en larmes. Des boss qui démolissent ton travail devant les clients, j'ai entendu ou participé à des engueulades dingues. J'ai vu des gens partir en dépression, se mettre à boire ou se droguer... Pour tenir, pour continuer, pour s'auto-convaincre que c'était malgré tout un métier formidable.

Et c'est vrai...



La vision qu'ont les gens qui ne connaissent pas ce métier est remplie de paillettes, de champagne. Certains jours oui... Mais toujours au prix d'un travail long et prenant. On a rien sans rien. Certains s'autoproclament "pros de la comm" et gangrènent le travail de tous les autres. Tout le monde est un peu dans la comm, c'est ce qu'on croit. On voit des graphistes qui se vendent à des prix au ras des pâquerettes, des gens qui ne connaissent pas les RP et qui jouent au couteau suisse, les mêlant à de la créa ou du web sur leur carte de visite !

Je quitte ce milieu, j'en pars très loin ! Après 14 ans de rires et de larmes. Ces derniers temps, surtout des larmes.

J'ai même quelques anciens collègues qui prennent la même route de la reconversion, d'autres qui sont réalistes sur ce business mais qui encouragent mon changement de vie et puis les autres... Qui ne comprennent pas comment on peut laisser ce job tellement chouette pour aller gagner moins dans un secteur reconnu difficile.

Tant pis !

Mon parcours professionnel a toujours été très honnête. J'ai valorisé les CDD qui permettent quand même de fuir si on se rend compte que c'est n'importe quoi.

Le métier vers lequel je m'oriente offre une palette très variée d'univers à découvrir. A 32 ans, je sais ce qu'est le marché du travail, qu'il s'agisse des conditions, des relations entre collègues et hiérarchie, de la pression.

J'ai 32 ans, un enfant... Et jeudi je rentre en école d'infirmière. Et je flippe grave !

Retour à l'accueil