Petit à petit...

Plus de sonde et au sein !!

Voilà comment résumer cette journée, une semaine pile après notre atterrissage rapide en unité Kangourou...

Les quantités de nourriture se sont progressivement ajustées, au fur et à mesure des tétées et des doses de gavage renouvelées dans la sonde.

Même si tout cela a pris beaucoup de temps, qu'il y'a eu des jours compliqués, des jours où il a fallu ralentir et de belles régurgitations, nous fêtons demain les 4 semaines post naissance avec le sentiment que les grosses étapes du début (et principalement la chirurgie à moins de 24h de vie) sont bel et bien derrière nous...

On savait que la réalimentation serait une période difficile moralement car longue, c'est tout de même diamétralement différent des jours qui ont suivi l'accouchement...
6 jours en réa, 15 jours de soins intensifs et aujourd'hui 1 semaine de kangourou 24/24h ensemble, il semblerait que l'on se rapproche du retour à la maison. Il fêtera peut être son premier mois (le 9), devant la cheminée de la maison...

Sans trop espérer, aujourd'hui nous avons encore bien avancé... Déjà les quantités commençaient à devenir intéressantes ces derniers temps avec depuis 24h, 60ml par biberon toutes les 4h et 10ml / heure par la sonde de gavage.

Cet après-midi, la sonde a été retirée de son estomac (elle entrait par le nez), sans un bruit ni une plainte, comme un grand. A partir de là, ce fil pénible et handicapant pour manipuler bébé disparaissait, ainsi que la machine bruyante à laquelle il était relié. Plus de sonde = plus de scope non plus pour surveiller les battements de son cœur... Hop ! Une prise et 3 fils en moins encore.

Un bébé que l'on peut prendre et reposer très facilement, sans risquer de tirer ou arracher quelque chose.

La mise au sein devient alors envisageable... Mais quand même, pas si simplement que ça ! On pèse bébé avant, on tête avec le chrono, 10 min sein droit, on re pèse, on note puis 10 min sein gauche, et on re re pèse... Tentons !

On lui donne l'Inexium (anti-acide - autant vous dire que dans son cas, il va en manger quelques litres), du Gaviscon (ça tapisse l'estomac, et là aussi, ça va devenir quotidien à la maison) et hop ! On essaie de lui faire gober mes seins habitués au tire-lait depuis un mois. On a pas essayé longtemps, il a compris d'un coup et s'est enfilé 30ml à droite en 10 min et 40 à gauche. Bonne position, bonne douleur... Parfait ! Mais outch ! Tant pis, après tout, je tirais mon lait pour le nourrir, autant que cela passe direct du producteur au consommateur ! Et puis côté pratique, je gagne une étape ! Mais j'ai quand même l'habitude du tire-lait et donc je peux aussi tirer pour lui donner autrement, moi ou quelqu'un d'autre... ;-)

Demain, je dois appeler le lactarium pour connaître la quantité de mon lait qui y est stockée. Je pense qu'avec les 3 ou 4 litres qui sont déjà dans mon congélo à la maison, je vais donner le stock du lactarium (environ 3 litres si mes souvenirs sont bons) pour que cela devienne du "lait de maman". Une fois traité, ce lait est mélangé à celui de 4 autres mamans et est donné anonymement à des petits prématurés qui n'ont pas de lait de leur maman pour X ou Y raison.

Plus riche que n'importe quel aliment, c'est très recherché et rare... On s'est rendu compte de la valeur que les infirmières de la néonat y accordait, lorsqu'elles en parlait. Ça va donc servir à d'autres enfants que le mien, qui aura la production fraîche pour lui tout seul !

Sur ce, nous allons tenter de nous reposer (mon jules dort avec nous ce soir, sur un matelas par terre, payé 18€... On s'en reparlera, mais le Kangourou est à la charge des parents, on est pas malades c'est donc la chambre du bébé et si on veut rester, même la maman, on est accompagnant et c'est 18€ la nuit. Je vous rassure, j'ai un lit moi.

L'objectif pour le week end prochain : que tout se déroule normalement, calmement, pour qu'on lui montre sa chambre !

PS : je détaillerai certainement ces histoires par ici un de ces jours, peut être pas immédiatement. Je voulais juste rappeler que la néonat et sa réa plus particulièrement sont des passages très difficiles pour les parents. Nous en connaissions déjà la particularité avant de la voir au quotidien cette année, nous y sommes entrés pour la première fois il y'a 2 ans pile ce soir, pour rencontrer une petite fille que les complications trop nombreuses ont emporté le lendemain. Je n'aurais jamais cru y retourner un jour, pour mon enfant même si les circonstances sont bien différentes dans le cadre de sa pathologie. Cette semaine, une maman avec qui j'ai beaucoup échangé en salle d'allaitement ces derniers temps a connu la même tragédie le soir du 31.

Il y'a énormément d'espoir dans ces couloirs et ses salles mais parfois, les drames viennent rappeler que tout cela est fragile. Et les 120 personnes qui y travaillent, qui sauvent des vies et qui pleurent (parfois) dans les couloirs méritent qu'on leur tire notre chapeau !

Retour à l'accueil